Le chef de la diplomatie algérienne a dénoncé la prolifération du phénomène des interventions militaires étrangères en Afrique, soulignant que ce phénomèn complique et fait perdurer les crises et compromet toute chance de les régler par des voies pacifiques.
C’est à une véritable mise en garde à laquelle a appelé,le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf. Dans une allocution prononcée lors des travaux du 7e Sommet de coopération et de partenariat entre l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE), tenus dans la capitale ougandaise, Luanda, le chef de la diplomatie a mis en garde contre les défis croissants qui menacent la stabilité du continent africain dans un contexte international complexe marqué par une complexité, une instabilité et une crise profondes. « Un contexte dont notre continent n’a pas été épargné, ni de ses effets ni de ses conséquences. Une trajectoire qui appelle véritablement à tirer la sonnette d’alarme», a-t-il insisté. Et de citer plusieurs facteurs
Changements anticonstitutionnels
En premier lieu, Ahmed Atta a pointé du doigt la « résurgence, en Afrique, des changements anticonstitutionnels de gouvernements». Des «punchs» qui «ne sont plus de simples retombées liées à des données passagères ou ponctuelles, mais ne sont plus de simples retombées liées à des données passagères ou ponctuelles, mais une réalité qui s’étend et s’enracine face au blocage de toute perspective de retour à l’ordre constitutionnel escompté».
Le sahel, l’épicentre du terrorisme mondial
«L’aggravation du fléau du terrorisme en Afrique, après son recul dans d’autres régions du monde, , au point que la zone sahélo-saharienne constitue aujourd’hui l’épicentre mondial de ce fléau qui a semé corruption et violence dans les pays et les peuples africains, dans un silence international difficile à comprendre et à expliquer», est le second point soulevé par le chef de la diplomatie. En effet, sur 7555 décès dus au « terrorisme » dans le monde en 2024, 3885 ont été enregistrés au Sahel, soit 51 %, d’après l’Indice mondial du terrorisme élaboré par le groupe de réflexion Institute for Economics and Peace. Un message à peine voilée aux juntes militaires qui se sont accaparés le pouvoir au niveau des pays de la zone sahélo-saharienne, notamment le Mali, le Birkina Faso et le Niger.
L’ingérence militaire étrangère
Devant cet état de fait, Ahùmed Attaf a dénoncé « la prolifération du phénomène des interventions militaires étrangères en Afrique», soulignant que «ce phénomène est aujourd’hui un facteur structurel dans le paysage sécuritaire africain qui complique et fait perdurer les crises et compromet toute chance de les régler par des voies pacifiques». Une autre pique à la présence dans la région des groupe de mercenaires Wagner, désormais baptisé Africa Corps.
Le recul du rôle diplomatique
En dernier point, Ahmed Attaf a évoqué le recul du rôle de la diplomatie continentale et le le désintérêt international pour les priorités sécuritaires et politiques en Afrique qui ne bénéficient plus de l’attention requise dans l’agenda du multilatéralisme.
Réorienter les priorités du partenariat UA-Ue
Face à cette situation, l’Algérie, par la voix d’Ahmed Attaf, a appelé à réorganiser les priorités du partenariat Afrique–Europe dans les domaines de la paix et de la sécurité. «La première priorité est de mettre fin à l’état de léthargie internationale à l’égard des questions de paix et de sécurité en Afrique» du fait que « les défis auxquels notre continent est confronté ne sont ni locaux ni limités, mais bien des menaces transfrontalières, dépassant les États et les continents, tant par leur nature que par leurs répercussions», a précisé Ahmed Attaf. Il a également appelé à réhabiliter le rôle de la diplomatie africaine et de promouvoir le principe « des solutions africaines aux problèmes africain»s, et d’investir réellement dans le développement en tant que moyen de prévention des crises. En outre, Ahmed Attaf n’a pas manqué d’insister sur la nécessité de mettre fin à la marginalisation de l’Afrique dans tous les centres de décision internationale, qu’ils soient politiques, sécuritaires ou économiques. «Car cette marginalisation demeure en elle-même l’un des facteurs structurels qui entravent la marche de l’Afrique vers la réalisation de ses aspirations et objectifs inscrits dans l’Agenda 2063», a-t-il conclu.
Synthèse Badis B.
