La reconnaissance de l’Etat palestinien n’est plus une cause marginale.
Au grand dam de l’entité sioniste et des Etats-Unis, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté, vendredi, à une large majorité, la «déclaration de New York» qui plaide pour le règlement pacifique de la question palestinienne et la mise en œuvre de la solution à deux Etats. En dépit donc de l’opposition frontale de l’Etat sioniste et des Etats-Unis, le texte a été soutenu par 142 des 193 Etats membres (10 voix contre et 12 abstentions parmi les pays participants au vote). La déclaration reprend les principaux éléments du texte adopté en juillet, lors d’une conférence sur la solution à deux Etats, par 17 pays occidentaux et arabes, dont la France et l’Arabie saoudite, qui co-pilotent l’initiative. La déclaration plaide notamment pour la «fin de l’agression contre Ghaza» et un «règlement juste, pacifique et durable du conflit palestinien, reposant sur une mise en œuvre véritable de la solution à deux Etats». Dans la perspective d’un futur cessez-le-feu, elle évoque également le déploiement d’une «mission internationale temporaire de stabilisation» à Ghaza, sous mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, pour protéger la population, soutenir le renforcement des capacités de l’Etat palestinien et apporter des «garanties de sécurité». Le représentant de la France, qui présentait le texte, a précisé que cette déclaration, élaborée sur la base de consultations avec tous les Etats participants, dresse une feuille de route unique pour matérialiser la solution à deux Etats ; «et ce, grâce à des engagements majeurs pris par l’Autorité palestinienne et les pays arabes pour la paix et la sécurité de tous dans la région». Le texte, présenté par la France et l’Arabie saoudite, prévoit que l’Autorité palestinienne gouverne et contrôle l’ensemble du territoire palestinien, avec un comité administratif transitoire établi immédiatement après un cessez-le-feu à Ghaza. La déclaration se veut une feuille de route pour les pays qui s’apprêtent à officialiser la reconnaissance de la Palestine le 22 septembre.
La reconnaissance s’élargie
Cette déclaration est considérée comme un prélude à la reconnaissance de la Palestine par plusieurs pays durant la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU, qui commencera le 22 septembre. Aujourd’hui, 148 des 193 pays membres de l’ONU reconnaissent officiellement l’Etat de Palestine, dont la quasi-totalité des pays africains, sud-américains et asiatiques. À l’inverse, la plupart des principales puissances économiques et politiques mondiales n’ont pas franchi le pas. Dans le contexte de la guerre à Ghaza, qui se poursuit depuis octobre 2023, certains pays européens ont officiellement reconnu l’Etat de Palestine, ou du moins annoncé leur intention de le faire prochainement. En mai 2024, trois Etats membres de l’UE (l’Espagne, l’Irlande et la Norvège) s’étaient ajoutés à la liste de ceux qui reconnaissent un Etat palestinien. A ce jour, 11 des 27 pays de l’UE reconnaissent la Palestine comme un Etat souverain. En juillet dernier, le président français, Emmanuel Macron, a annoncé que la France reconnaîtra l’Etat palestinien en septembre, lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. De son côté, le Premier ministre, Keir Starmer, a déclaré que le Royaume-Uni pourrait reconnaître la Palestine lors de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre. Début septembre, la Belgique a annoncé qu’elle allait, également, reconnaître l’Etat de Palestine lors de l’Assemblée générale des Nations unies.
L’entité sioniste acculée
A moins de dix jours de l’Assemblée générale des Nations unies, l’Etat sioniste et les Etats-Unis multiplient les obstacles à l’initiative diplomatique. L’Etat sioniste accuse l’initiative de vouloir «saper la stabilité» du Proche-Orient. Acculé, Netanyahou, faisant fi de la communauté internationale, déclare qu’«il n’y aura pas d’État palestinien». En se contentant de tout rejeter en bloc, Netanyahou perd l’initiative diplomatique et renforce l’impression générale qu’il ne veut pas d’une paix juste et durable. Les Etats-Unis, qui sont fermement derrière l’Etat sioniste, ont refusé d’octroyer des visas pour Mahmoud Abbas et la délégation palestinienne qui devait participer à l’Assemblée générale de l’ONU. Normalement, c’est une formalité, même pour les pires adversaires des États-Unis, en raison du statut international des Nations Unies à Manhattan.
On pourrait croire que de flux de reconnaissance de l’Etat palestinien était chimérique, mais le fait que des Etats occidentaux comme la France, peut-être le Royaume-Uni qui doit confirmer son choix, ou encore la Belgique et l’Australie, franchissent le pas à ce stade vient démontrer l’illégalité de tout plan visant à chasser les Palestiniens de la bande de Ghaza.
Saïd S.
