Dans un contexte international marqué par de vives tensions et des recompositions économiques, l’Algérie s’efforce de consolider sa position. Les récentes déclarations d’Ahmed Attaf traduisent cette volonté d’équilibrer action diplomatique et rayonnement économique.
Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a ouvert sa conférence de presse en démentant formellement l’information faisant état du dépôt par l’État malien d’une plainte auprès de la Cour internationale de justice contre l’Algérie. «Il y a bien eu un contact avec les services de la Cour internationale de justice, mais aucun recours n’a été introduit par le Mali», a-t-il déclaré. «Même en supposant l’existence d’une plainte du Mali contre un autre État, ce dernier en aurait été officiellement informé», a-t-il précisé soulignant qu’aucune notification n’a été reçue à ce sujet de la part de la Cour internationale de justice.
Une participation encore en suspens
Sur la question de la représentation algérienne au Sommet arabe et islamique extraordinaire convoqué à Doha, Ahmed Attaf a affirmé que «le président n’a pas encore déterminé le niveau de la représentation algérienne à ce sommet». «Toutes nos cartes sont sur la table dans ce dossier», a-t-il poursuivi, précisant que l’Algérie avait demandé la tenue d’une session extraordinaire du Conseil de sécurité — session au cours de laquelle, selon lui, «la condamnation de l’agression contre le Qatar n’était pas à l’ordre du jour». Le chef de la diplomatie algérienne a par ailleurs estimé que la chaîne qatarie Al-Jazeera «a rendu justice à l’Algérie en soulignant son action et sa détermination à inclure une condamnation de l’agression contre le Qatar». Rappelons que ce sommet, prévu ce lundi à Doha, vise à examiner la situation au Moyen-Orient après un bombardement visant des dirigeants du mouvement Hamas. Si ces dirigeants ont survécu, plusieurs membres du mouvement ont été tués, parmi eux le fils du dirigeant Khalil Al-Hayya, selon les informations rapportées lors de la conférence.
Algérie-Italie : Partenariat excellent et dynamique
Attaf a, dans le domaine bilatéral, salué le partenariat algéro-italien, le qualifiant d’«excellent» et de «dynamique». Parmi les partenariats proposés au continent africain dans le cadre de la coopération internationale, «celui avec l’Italie est le plus influent», dans la mesure où «il repose sur des projets concrets», a-t-il dit soulignant que la relation entre l’Algérie et ce pays «s’est hissée aux premiers rangs en quelques années seulement, notamment dans le domaine commercial». Le ministre d’Etat a mis en avant «la diversification des investissements dans le secteur énergétique et l’approvisionnement de ce pays ami en gaz naturel, sans oublier les grands projets tels que l’hydrogène vert, la fibre optique et d’autres encore à portée européenne, impulsés par la dynamique algéro-italienne». Attaf a invité les autres pays à «emprunter la même voie en matière de partenariat mutuellement bénéfique».
Relations privilégiées avec le Burundi
Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a affirmé ce samedi que les relations entre l’Algérie et le Burundi sont au beau fixe, indiquant que le président burundais s’apprête à effectuer une visite en Algérie, actuellement en cours de préparation. Lors d’une conférence de presse tenue ce samedi au siège du ministère, Attaf a déclaré : «J’ai eu la chance d’être l’envoyé spécial du président de la République auprès du Burundi l’année dernière, en préparation des élections à l’Union africaine, et j’y ai reçu un accueil exceptionnel». Il a également rappelé que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait reçu le Premier ministre burundais, lequel lui avait remis un message écrit de la part du président du Burundi, un message «empreint d’une chaleur particulière et qui reflète la réalité des relations unissant les deux pays».
Investissements: un climat transformé
Interrogé sur le rôle du visa dans la facilitation de l’investissement, Ahmed Attaf a affirmé que le climat d’investissement en Algérie «s’est beaucoup amélioré et a changé par rapport à ce qu’il était auparavant». Il a attribué cette évolution non pas à des modifications des règles de visa mais à «de nouvelles politiques mises en place pour améliorer la situation économique en Algérie». «Le climat d’investissement s’est amélioré et nous n’avons rien changé concernant les visas. L’investissement afflue désormais vers l’Algérie parce que le climat a changé, grâce aux nouvelles politiques instaurées pour améliorer la gestion des affaires économiques dans le pays», a-t-il expliqué.
Après ces déclarations politiques et diplomatiques, Ahmed Attaf a consacré l’essentiel de son intervention à dresser le bilan de la quatrième édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF-2025), accueillie par l’Algérie et qui, selon lui, s’est soldée par «un bilan exceptionnellement positif» pour le pays. Le ministre a insisté : «L’Algérie a accueilli la quatrième édition de la Foire commerciale intra-africaine avec fierté, honneur, succès et éclat». Il a précisé que cet événement «n’était pas une simple coïncidence ni le résultat de facteurs procéduraux, mais plutôt une décision mûrement réfléchie, calculée et tournée vers l’avenir».
L’empreinte de la volonté présidentielle
Attaf a relié l’organisation de la Foire à la volonté présidentielle, rappelant que l’accueil de l’IATF témoigne «la volonté du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de l’inciter à assumer ses responsabilités et à assumer son rôle dans la réussite de la renaissance économique globale qui a fait de notre continent un projet vital». Pour lui, la tenue de cette Foire s’inscrit dans «la conviction du président de la République que le développement est la clé de l’instauration de la sécurité et de la paix sur notre continent». Il a ajouté que l’organisation par l’Algérie de l’IATF «est le fruit de la volonté du président de la République de dévoiler les fondements du développement et du partenariat entre les pays africains en matière de commerce et d’investissement».
Le ministre a ensuite replacé l’événement dans une perspective stratégique : selon Attaf, «la 4e édition de la Foire commerciale intra-africaine n’était pas seulement un événement économique conjoncturel, mais plutôt un véritable événement continental pour renouveler notre engagement en faveur d’une approche économique intégrée à travers l’ensemble du continent africain et pour fournir les fondements et les piliers d’une authentique souveraineté économique africaine.» Devant un panel composé de personnalités de la sphère économique et de membres du gouvernement, il a estimé que «l’Afrique d’aujourd’hui n’accepte plus le statu quo international comme une fatalité irréversible et n’hésite plus à présenter ses revendications avec clarté et responsabilité». «L’Afrique d’aujourd’hui ne se contente plus de rôles secondaires et marginaux et cherche à sortir du cercle du forum qui accepte tout ce que les donateurs lui accordent et à s’orienter vers la construction d’un partenariat équilibré basé sur l’égalité de traitement», a-t-il ajouté.
Les chiffres avancés par le ministre illustrent l’ampleur du succès revendiqué. Ahmed Attaf a souligné que «rien ne témoigne plus éloquemment de ce succès que le langage des chiffres». Ainsi, le nombre d’exposants a atteint 2 148 et la valeur totale des transactions conclues a été annoncée à 48,3 milliards USD. Le ministre a parlé d’un «nombre record» de participants professionnels : 987 opérateurs économiques présents, dépassant l’objectif initial fixé à 750. S’agissant de la part algérienne dans les transactions, elle s’élève, selon Attaf, à 11,4 milliards de dollars en contrats conclus, auxquels viennent s’ajouter 11,6 milliards de dollars représentant «le pic des transactions en cours d’étude et de négociations».
Une Algérie prédomine sur le continent
En conclusion de son intervention, Ahmed Attaf a résumé la portée politique et symbolique de l’IATF-2025 : «Le nœud du problème est que l’Afrique a compris que le statu quo ne lui sert pas, et elle travaille donc aujourd’hui à réaliser sa propre renaissance, et la Foire commerciale intra-africaine n’est rien d’autre qu’une étape pratique vers cette percée». Au-delà des chiffres et des contrats, le ministre a insisté sur le fait que la quatrième édition restera dans les annales comme le moment où «l’Algérie a affirmé son rôle prédominant sur le continent». Forte d’un secteur industriel en pleine expansion et portée par « un réseau dense d’entreprises publiques et privées», l’Algérie, selon Attaf, a prouvé sa capacité à s’imposer comme «un partenaire de choix dans la construction d’une économie africaine intégrée».
Ferhat Zafane
