Lors d’une journée d’étude sur la substitution aux importations, sous le slogan « Orienter l’investissement pour une production forte et diversifiée », en marge de la 33ᵉ édition du Salon de la production algérienne, la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché, Amel Abdellatif, a affirmé que l’orientation de l’investissement vers une production nationale forte et diversifiée constitue un choix stratégique pour l’État.
Pour la ministre, la phase actuelle des réformes économiques impose de lier l’investissement à une production et une distribution organisées, afin de garantir sa rentabilité et sa capacité à créer de la valeur ajoutée.
Le ministère adopte une approche technique fondée sur l’analyse fine du marché, incluant : l’identification des déficits de production, notamment pour les produits de large consommation; l’évaluation des capacités de stockage, de distribution et de logistique; l’analyse des mécanismes de formation des prix tout au long de la chaîne de valeur. Cette démarche permet d’orienter les investissements vers les segments à fort impact économique.
Recensement économique : un outil stratégique
La ministre a indiqué que le recensement économique réalisé en début d’année constitue un outil stratégique, permettant d’identifier les capacités productives réelles et les potentialités inexploitées.
Il a contribué à construire une base de données fiable sur les entreprises et orienter les investissements vers les secteurs prioritaires capables de créer de la valeur ajoutée et de réduire les importations.
Dans ce cadre, les données récentes montrent la création de 36 000 nouvelles entreprises entre 2020 et 2025, principalement dans le bâtiment, les travaux publics, les industries électriques et électroniques, ainsi que dans la transformation alimentaire et pharmaceutique. Cette dynamique souligne l’importance de l’accompagnement du ministère pour garantir une commercialisation transparente et organisée des produits nationaux.
Modernisation du marché
La ministre a également insisté sur la modernisation des réseaux de distribution, le développement des espaces commerciaux et l’usage d’outils numériques pour suivre les flux commerciaux et contrôler les prix en temps réel, protégeant ainsi le pouvoir d’achat des citoyens et orientant l’investissement vers des productions adaptées à la demande réelle. Amel Abdellatif a conclu en rappelant que l’État reste fermement engagé dans la promotion d’une production nationale forte et diversifiée, et que son ministère continuera à jouer un rôle clé dans cette stratégie.
Une stratégie sur le long terme
De son coté, le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement, Omar Rekkache, a affirmé que la substitution des importations n’est plus une option temporaire, mais un axe stratégique du développement économique et industriel en Algérie.Selon lui, l’objectif est de stimuler la production locale, renforcer la valeur ajoutée et améliorer l’équilibre de la balance des paiements, tout en orientant l’investissement productif vers les secteurs prioritaires.
Explorer le potentiel des filières locales
Parmi les domaines identifiés, on trouve les industries alimentaires et de transformation (huiles, céréales, sucre, produits laitiers, conserves), les intrants industriels et matières premières (produits chimiques de base, plastique semi-fini, emballages), les pièces détachées et composants industriels, ainsi que le secteur du bâtiment. Ces secteurs sont jugés cruciaux pour réduire la facture d’importation et créer des opportunités économiques locales. A cet égard, Omar Rekkache a insisté sur la nécessité d’une approche coordonnée entre politiques d’investissement et politiques commerciales, ainsi que sur l’importance de lever les obstacles techniques et réglementaires pour faciliter l’accès des projets au marché.
L’appel de Kamel Rezig
Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, le Professeur Kamel Rezig, a lancé un appel fort pour valoriser le potentiel national. Selon lui, l’Algérie dispose des capacités nécessaires pour substituer de nombreux produits importés par des biens locaux, grâce à un renforcement de la production et de l’investissement productif.
Le ministre a rappelé les progrès réalisés depuis 2020. Plusieurs produits auparavant importés sont désormais fabriqués localement, et certains ont même réussi à s’imposer sur les marchés internationaux.
« Il est crucial de transformer les recommandations de cette rencontre en projets concrets et opérationnels », a insisté Kamel Rezig, soulignant que cette stratégie est clé pour soutenir la production nationale et bâtir un développement économique durable.
K.Z.
