À l’occasion de la Foire du commerce intra-africain (IATF 2025), Alger s’est transformée en un carrefour d’échanges de haut niveau autour de l’innovation et de l’entrepreneuriat.
Le ministre de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, y a joué un rôle central, multipliant les rencontres bilatérales et les initiatives pour renforcer la place de l’Algérie dans l’écosystème mondial des startups. Parmi les moments forts, figure la rencontre entre Ouadah et Dorothy Tembo, directrice exécutive adjointe de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), au siège d’Algeria Venture. Les deux responsables ont évoqué la nécessité de faciliter l’accès des startups algériennes aux marchés internationaux. Le ministre a insisté sur «le soutien indispensable aux institutions universitaires pour assurer la durabilité et le succès sur le marché national, tout en leur ouvrant les portes de l’Afrique et du monde». Il a rappelé que son département compte aujourd’hui plus de 100 incubateurs intégrés aux universités. Les discussions ont également porté sur le lancement de programmes entrepreneuriaux conjoints et sur l’organisation d’un événement international lors de la prochaine Conférence africaine des startups, prévue en décembre. Le lancement officiel du Programme de l’Union africaine pour la jeunesse entrepreneuriale et les startups a constitué l’un des moments majeurs de l’événement.
Organisé en marge de l’IATF 2025, il a réuni plusieurs personnalités africaines et internationales de haut niveau, dont le président de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Dans ce cadre, l’Algérie a également inauguré le bureau extérieur de l’OMPI à Alger. La cérémonie, présidée par Ouadah et son homologue de la Culture et des Arts, Zouhir Ballelou, s’est tenue au siège d’Algeria Venture en présence du directeur général de l’OMPI, Daren Tang, accompagné d’une importante délégation. Cette rencontre a permis d’explorer de nouvelles pistes de coopération dans les domaines de l’innovation, de la propriété intellectuelle et du développement des compétences humaines. En outre, la protection de la propriété intellectuelle et la création musicale à l’ère du numérique et l’avenir des industries créatives ont été le thème d’une rencontre-débat animée hier, en marge de l’IATF 2025.
Protection de la propriété intellectuelle
Organisée dans le cadre du programme des Journées créatives africaines «CANEX 2025», la rencontre intitulée «Musique et propriété intellectuelle en Afrique, de la protection à la prospérité» a été une occasion d’échange d’expériences et de discuter de l’avenir des industries créatives en Afrique. Intervenant à cette occasion, le représentant de l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (ONDA), Mehdi Dilmi, a abordé les différents défis dans la gestion collective des droits d’auteur en Afrique, notamment en termes de management et de litiges avec des sociétés de gestion des droits d’auteur étrangères. Pour Dilmi, directeur général-adjoint de l’ONDA, la protection des droits des créateurs de musique à l’ère de l’intelligence artificielle (IA) requiert d’abord «la mise en place de mécanismes de protection légale pour faire face aux violations des œuvres des compositeurs et créateurs de musique sur les différentes plates-formes numériques».
Il a plaidé, à ce propos, pour l’élaboration de textes de loi pour garantir l’utilisation légale des œuvres musicales dans le strict respect des droits d’auteur. Pour sa part, la représentante de l’Agence sud-africaine de gestion des droits numériques (CAPASSO), Lerato Matsoso, a souligné la nécessité d’adopter des lois et des mesures en vue de garantir une exploitation «saine des contenus musicaux» à travers notamment l’octroi de licences aux différents exploitants, notamment les plateformes numériques dédiées à la diffusion de contenus musicaux. Pour elle, la protection de la propriété intellectuelle peut stimuler la croissance et les opportunités dans le secteur musical africain. D’autres participants à cette rencontre ont appelé à mettre en place une entité dédiée à la collecte des droits d’auteur en Afrique et une plateforme indépendante, permettant aux Africains de «contrôler leurs propres affaires et de prendre leurs propres décisions».
À travers ces initiatives, l’Algérie confirme sa volonté de faire de la propriété intellectuelle et de l’innovation des leviers stratégiques pour soutenir les startups et accélérer la transition vers une économie fondée sur le savoir.
Synthèse K.Z.
