Les magistrats de la première chambre pénale de la cour d’appel d’Alger, présidée par Mme Dahmani Naïma, se penchent ce lundi sur la demande de mise en liberté provisoire introduite par la défense de Saïda Neghza, incarcérée depuis le 9 juillet dernier à l’établissement pénitentiaire de Koléa. Les avocats de l’ancienne présidente de la Confédération générale des entrepreneurs algériens (CGEA) invoquent principalement des raisons de santé. Dans la requête déposée au greffe, ils soulignent que l’état de leur cliente s’est « nettement dégradé » depuis son incarcération. Rappelons que Saïda Neghza avait été évacuée en urgence vers l’hôpital Mustapha Pacha, victime d’un malaise survenu une heure avant le prononcé du verdict. Le 9 juillet, le tribunal avait condamné l’ex-patronne de la CGEA à quatre ans de prison ferme assortis d’une amende d’un million de dinars, dans le cadre de l’affaire dite de «l’achat de parrainages» lors de l’élection présidentielle de septembre 2024. La peine avait été assortie d’un mandat de dépôt immédiat à l’audience.
Dans le même dossier, le tribunal a également prononcé 35 autres condamnations allant jusqu’à 18 mois de prison ferme. Parmi les personnes condamnées figurent deux des fils de Saïda Neghza. Ouari Bachir a écopé de 18 mois de prison ferme, tandis qu’Azzouza Bachir a été condamné à deux années de prison ferme, sans mandat de dépôt. Un troisième fils, Karim, fait également l’objet d’un mandat d’arrêt. Lors du procès, le procureur général près la cour d’appel d’Alger, M. El Orabi Tahar, avait requis une peine de dix ans de prison ferme assortie d’un million de dinars d’amende contre Saïda Neghza, mais aussi contre Sahli Belkacem, ancien député et ex-secrétaire d’État chargé de la Communauté nationale à l’étranger, ainsi que contre le docteur Abdel Hakim Hamadi. Tous trois sont poursuivis pour fraude électorale et octroi d’indus avantages. Le parquet avait, par ailleurs, demandé huit ans de prison ferme contre les fils de Saïda Neghza, accusés de complicité dans cette affaire. Finalement, le président du tribunal a retenu des peines allant de cinq à huit ans contre les deux enfants de l’accusée. Il est à rappeler que lors d’un précédent jugement, Saïda Neghza avait été condamnée à dix ans de prison ferme par le pôle financier et économique du tribunal de Sidi M’Hamed, spécialisé dans les affaires de corruption et de malversations. Durant les audiences, Saïda Neghza a toujours rejeté les accusations.
Devant la présidente Dahmani Naïma, elle a affirmé que «personne parmi les inculpés n’est concerné de près ou de loin par cette affaire», insistant sur «l’innocence » de ses coaccusés face aux « graves accusations » retenues au terme de l’enquête préliminaire et de l’instruction judiciaire. Ses avocats partagent cette position et jugent les peines prononcées « excessives». Au lendemain du verdict, ils ont introduit des pourvois en cassation auprès de la chambre criminelle, espérant une révision du procès en appel et une réduction significative des peines infligées. L’examen de la demande de liberté provisoire s’annonce décisif pour l’ancienne patronne du CGEA, dont l’état de santé fragile est mis en avant par la défense.
Si la cour d’appel accepte la requête, Saïda Neghza pourrait attendre le résultat de son pourvoi hors du centre pénitentiaire de Koléa. Dans le cas contraire, elle restera incarcérée jusqu’à la tenue du procès en appel, dont la date n’a pas encore été fixée.
R.H.
