La sécurité et la stabilité de la région du Sahel sont étroitement liées à la sécurité de l’ensemble du continent africain, a affirmé l’ambassadeur et représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Union africaine, Mohamed Khaled, lors d’une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, consacrée à l’évolution de la situation dans la région du Sahel.
Cette réunion, inscrite à l’ordre du jour de la présidence tournante de l’Algérie du Conseil pour le mois d’août, a permis de faire le point sur l’évolution de la situation dans la région du Sahel. Les derniers développements politiques, sécuritaires et humanitaires ont été abordés, ainsi que les questions liées aux droits de l’homme et les défis économiques et sociaux auxquels sont confrontés les pays de la région.
Dans son discours d’ouverture, Mohamed Khaled, qui assure la présidence du Conseil, a souligné que la réunion se tenait dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et humanitaires croissants au Sahel. Il a relevé que cette région est devenue l’une des plus touchées par le terrorisme et la criminalité organisée, ainsi que par de graves crises humanitaires, l’insécurité alimentaire et la montée des migrations irrégulières.
Relever ces défis exige, selon lui, un renforcement de la coordination et de la coopération régionales. Le président du Conseil s’est, par ailleurs, félicité du nouveau dynamisme et de la volonté sincère manifestés par les pays du Sahel de renforcer leurs relations avec les pays voisins et l’ensemble de la région, y voyant un signe d’une compréhension mutuelle de l’impératif de coopérer dans la lutte contre le terrorisme transfrontalier.
Il a ajouté que cette réunion permettra de formuler des recommandations pratiques visant à renforcer l’action africaine commune et à contribuer à la consolidation de la sécurité et du développement durable.
Fédérer les initiatives
L’exposé présenté au Conseil a passé en revue les efforts déployés aux niveaux régional et international pour renforcer la sécurité et l’autorité de l’État. Il a également relevé la persistance des difficultés économiques, malgré les signes de résilience enregistrés par certaines économies de la région.
La note d’information a, en outre, abordé les efforts déployés par l’Union africaine à travers un engagement politique de haut niveau, la diplomatie préventive et le soutien au dialogue, illustrés plus récemment par la visite du président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, au Mali et au Burkina Faso en juillet dernier.
La réunion a également permis au commissaire de l’Union africaine aux Affaires politiques, à la paix et à la sécurité, ainsi qu’au représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, de passer en revue les efforts internationaux, continentaux et régionaux déployés pour lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.
Assurer une réponse collective
Le Conseil de paix et de sécurité a souligné la nécessité de poursuivre un dialogue constructif avec les autorités des pays du Sahel afin de soutenir des approches nationales inclusives et crédibles.
Il a insisté sur l’importance de renforcer la coopération entre l’Union africaine, ses États membres, ainsi que les groupes et mécanismes régionaux compétents, afin d’assurer une réponse collective à la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, notamment par l’intensification des échanges d’informations, le renforcement de la sécurité des frontières et le développement d’opérations conjointes.
Anticiper les conflits
À l’issue de ses délibérations, le Conseil a appelé à renforcer les capacités d’alerte précoce et de prévention des conflits, à lutter contre l’extrémisme violent et à tarir les sources de financement du terrorisme.
Il a également préconisé d’intensifier l’aide humanitaire destinée aux personnes déplacées, aux réfugiés et aux pays d’accueil, tout en veillant à son acheminement sûr et régulier.
Le Conseil a, par ailleurs, lancé un appel aux institutions financières africaines et internationales, ainsi qu’aux partenaires au développement, afin qu’ils continuent à soutenir les programmes de relance économique, à renforcer la résilience et à s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité, notamment la pauvreté, le chômage, l’insécurité alimentaire et les effets croissants du changement climatique.
S. Smati
