Depuis M’sila, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a réaffirmé, hier, la détermination du gouvernement à relancer les projets confisqués dans le cadre de la lutte contre la corruption conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a procédé, en effet hier à M’sila, à l’inauguration d’une usine de production de rond à béton relevant de l’entreprise publique FONDAL, dans le cadre de la visite de travail et d’inspection qu’il effectue dans cette wilaya, chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Ce projet industriel implanté dans la localité de Draâ El-Hadja, dans la commune de M’sila, faut-il le rappeler, est un actif récupéré par l’Etat et confié, le 10 août 2024, à l’Entreprise nationale des fonderies algériennes (FONDAL). La réouverture de l’usine de production de rond à béton n’est pas un simple événement économique, mais un acte de souveraineté économique et morale. Elle s’inscrit dans la politique nationale de récupération des biens publics», a-t-il déclaré. Le chef de l’Exécutif a insisté sur la continuité de cette démarche : «Le Gouvernement est déterminé à poursuivre la relance des projets confisqués dans le cadre de la lutte contre la corruption, car il s’agit de l’argent du peuple et les citoyens doivent pouvoir en profiter», a déclaré Ghrieb. Il a ajouté : «Nous ne ménagerons aucun effort au service des citoyens et des travailleurs».
Cette déclaration, prononcée lors de l’inauguration de l’usine Fondal à M’Sila, marque une nouvelle étape dans l’application des instructions présidentielles en matière de lutte contre la corruption, de valorisation du patrimoine de l’État et de relance productive des structures récupérées. Sifi Ghrieb, accompagné du ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, et du ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a rappelé que «l’Algérie ne doit plus importer ce qu’elle peut produire», exhortant les responsables du site industriel à s’engager dans l’exportation, notamment vers le marché africain, conformément aux accords issus de la Foire du commerce intra-africaine (IATF) organisé récemment à Alger. L’usine de Fondal, érigée sur 23,9 hectares, a été récupérée par les Domaines de l’État après plusieurs années d’inactivité et de mauvaise gestion. Sa relance, rendue possible par une opération de remise à niveau soutenue par les pouvoirs publics, constitue un exemple concret de reconversion réussie d’un bien public récupéré. L’unité produira à terme 650 000 tonnes de rond à béton par an et générera 450 emplois directs, contribuant ainsi à dynamiser le tissu industriel régional. Le directeur général de Fondal, Zine El-Abidine Aouis, a salué «le rôle de l’État dans la réhabilitation de cette unité abandonnée », affirmant que cette relance « s’inscrit dans la vision du président Tebboune visant à transformer les biens récupérés en pôles de croissance».
Pour sa part, le directeur de l’industrie de M’Sila, Abdelaziz Harouz, a souligné que cette infrastructure « répondra aux besoins du marché national en fer à béton tout en stimulant la création d’emplois directs et». Il a rappelé que, depuis mars 2022, 1 653 projets d’investissement ont été examinés dans le cadre de l’assainissement du foncier industriel, ce qui a permis la récupération de nombreux terrains et actifs inutilisés. Le Premier ministre a également inauguré, à Magra, une usine spécialisée dans la fabrication de plaquettes et garnitures de freins, d’une capacité annuelle d’un million et demi d’unités. Cette réalisation illustre, selon lui, la volonté du gouvernement de valoriser chaque bien public réhabilité pour soutenir la production nationale et réduire la dépendance extérieure. La visite de Sifi Ghrieb à M’Sila, la deuxième depuis sa nomination en septembre, intervient dans un contexte particulier : moins de dix jours après les inondations meurtrières ayant frappé la région de Sidi Aïssa.
Elle revêt donc une dimension symbolique et solidaire, tout en confirmant la volonté du gouvernement de conjuguer redressement économique et justice dans la gestion des ressources publiques.
Ferhat Zafane
