L’Algérie cherche à établir un modèle de sécurité global, où la prévention, la répression et l’engagement citoyen convergent pour protéger le pays et ses habitants.
La sécurité des citoyens est devenue un véritable défi national pour l’Algérie, où criminalité urbaine, trafic de drogues et menaces transfrontalières s’entremêlent, fragilisant la quiétude des quartiers et la confiance des citoyens dans les institutions. Conscients de cette urgence, les ministres de la Justice et de l’Intérieur ont présenté récemment un bilan détaillé et des stratégies ambitieuses, affirmant que la prévention, la répression et l’engagement actif de la société constituent désormais les piliers incontournables d’une politique de sécurité efficace et durable.
Le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa, a révélé une baisse significative de la criminalité liée aux bandes de quartiers, avec le nombre de condamnés passant de 1628 en 2022 à 1100 en 2024. Il a attribué ces résultats à l’efficacité des mesures juridiques, au rôle préventif des institutions et à l’implication des citoyens, notamment à travers la culture du signalement. Le ministre a également mis en avant la stratégie nationale de prévention contre les drogues et substances psychotropes 2025-2029, qui combine répression dissuasive et accompagnement humain des toxicomanes, tout en intégrant la sensibilisation et l’éducation préventive dans les parcours scolaires et universitaires. Cette stratégie se veut exhaustive, en renforçant la coordination entre tous les acteurs institutionnels, en mobilisant les collectivités locales, et en impliquant les organisations sociales et religieuses dans la prévention et l’éducation des jeunes.
Vigilance stratégique
Pour sa part, le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, a salué l’engagement des services de la sûreté nationale dans la protection des biens et des personnes. Il a insisté sur la modernisation des services, la transformation numérique et l’adoption d’outils de gestion innovants, tels que le tableau de bord de la sûreté nationale, pour garantir des interventions plus efficaces sur le terrain. Le ministre a également rappelé les menaces transnationales et les risques liés à l’instabilité dans la région du Sahel, ainsi que les tentatives d’ingérence étrangère, qui renforcent l’importance d’une coordination institutionnelle et d’une vigilance accrue. Il a insisté sur le rôle stratégique de la police dans la lutte contre la criminalité organisée, les trafics illicites et les réseaux de banditisme, soulignant que la professionnalisation et la formation continue des forces de sécurité sont des leviers essentiels pour faire face à ces défis complexes.
Les deux ministres ont souligné que la sécurité ne se limite pas aux seules forces de l’ordre. La participation active des citoyens, la mobilisation des familles et des institutions éducatives et religieuses constituent des leviers essentiels pour prévenir la criminalité, réduire les comportements déviants et renforcer la confiance dans les institutions. La sensibilisation, la réconciliation et le signalement des infractions permettent de créer un climat de sérénité et d’efficacité, tout en humanisant le processus judiciaire. Dans ce cadre, les campagnes de prévention, la médiation sociale et les programmes éducatifs jouent un rôle central pour instaurer une culture de vigilance et responsabiliser la population face aux menaces qui pèsent sur la cohésion sociale et la sécurité publique. L’intégration des technologies de surveillance et des outils d’analyse criminelle contribue également à anticiper les risques et à agir de manière ciblée, rendant la sécurité plus proactive que réactive.
En définitive, l’Algérie cherche à établir un modèle de sécurité global, où la prévention, la répression et l’engagement citoyen convergent pour protéger le pays et ses habitants. La baisse des crimes de bandes et la structuration de la lutte contre la drogue illustrent des résultats tangibles, mais la réussite de cette stratégie dépend de la continuité des réformes, de l’innovation technologique et de la vigilance collective. Chaque citoyen est appelé à devenir un acteur de la sécurité nationale, consolidant ainsi la stabilité et la cohésion sociale face aux défis actuels et futurs. Le renforcement de la sécurité passe également par l’adoption de nouvelles approches participatives, où l’éducation, la technologie et la surveillance communautaire s’articulent pour offrir une protection durable, garantissant à la fois la tranquillité des quartiers et la résilience du pays face aux menaces internes et externes.
L’implication des citoyens dans l’observation, la remontée d’informations et la coopération avec les autorités constitue désormais un pilier stratégique, renforçant le rôle de la société dans la prévention des risques et la lutte contre les phénomènes criminels émergents.
Assia M.
