L’Algérie ambitionne de devenir un leader régional dans le domaine des cultures sahariennes et des technologies hydriques.
Depuis sa prise de fonction, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Mehdi Oualid, ne cesse de dénoncer un secteur «archaïque» et en «complète déconnexion» avec les nouvelles normes de l’agriculture moderne.
Dans une allocution prononcée, hier, lors de l’ouverture de la Conférence nationale sur la modernisation du secteur agricole, le ministre a affirmé que l’ambition du pays est de devenir un «acteur régional majeur dans les domaines des cultures sahariennes et des technologies hydriques». Organisé en présence du président du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), Mohamed Boukhari, du DG des Douanes, le Général major Abdelhafid Bekhouche, et plusieurs responsables d’institutions, d’entreprises économiques et d’établissements financiers, de représentants d’organisations internationales, et d’experts nationaux et étrangers spécialisés dans le domaine agricole, l’événement marque, selon le ministre, «un tournant décisif pour redonner à la terre sa valeur, au paysan sa dignité et à la nation sa souveraineté alimentaire». Le ministère a indiqué que cette rencontre traduit une «nouvelle vision stratégique de l’agriculture nationale, fondée sur la coopération entre experts, chercheurs et acteurs économiques». Objectif : bâtir un secteur agricole durable, capable de relever les défis climatiques et de garantir la sécurité alimentaire du pays.
Un rendement moyen de 40 quintaux de blé
Le ministre a également ajouté que son département mise sur une «transformation profonde du secteur agricole» durant les cinq prochaines années, «avec pour objectif d’atteindre un rendement moyen de 40 quintaux de blé à l’hectare», grâce à la généralisation des semences améliorées et à la modernisation des pratiques culturales. «Notre ambition est claire : atteindre la sécurité alimentaire d’une Algérie de 65 millions d’habitants et faire du pays un exportateur de produits agricoles», a en effet assuré le ministre. Comme il a insisté sur la dimension humaine et sociale de cette réforme. : «Nous voulons redonner à la terre sa véritable valeur, restaurer la dignité du fellah et garantir au citoyen algérien sa souveraineté alimentaire». L’objectif de cette rencontre, souligne Yacine El-Mehdi Oualid, est de «suivre et de traiter, en temps réel, les contraintes rencontrées par les différentes filières», contribuant ainsi à «réunir toutes les conditions nécessaires à la réalisation de l’autosuffisance et à l’orientation vers l’exportation pour plusieurs filières». Cette approche vise à améliorer la réactivité du secteur face aux crises et à optimiser la planification agricole. Cette déclaration marque une étape importante dans la volonté du gouvernement d’opérer un tournant structurel dans le secteur agricole, considéré comme l’un des piliers de la diversification économique du pays.
Mohammed Tadjer
