Passer d’une simple extraction primaire à la construction d’une industrie minière intégrée.
La commission des affaires économiques, du développement, de l’industrie, du commerce et de la planification de l’Assemblée populaire nationale a entendu, jeudi, un exposé détaillé, présenté par le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, sur les enjeux et les défis auxquels est confronté le secteur minier. Lors de son intervention, Mohamed Arkab a affirmé que l’orientation stratégique établie par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, vise à «faire du secteur minier un véritable moteur de développement et un pilier central du processus de diversification de l’économie nationale hors des hydrocarbures, en transformant les ressources naturelles en valeur ajoutée au service du développement national».
Le ministre d’Etat a expliqué que le diagnostic précis réalisé sur la situation du secteur a révélé l’existence d’énormes capacités minières et de richesses potentielles, qui se traduisent par une faible contribution au produit intérieur brut, en raison d’une série de défis structurels qui se sont accumulés au fil du temps. Parmi ces défis, le ministre d’Etat a évoqué la faiblesse des investissements dans la recherche et l’exploration, le manque de données géologiques modernes et fiables, ainsi que l’importation continue de matériaux minéraux disponibles localement tels que le concentré de fer, la barytine, la bentonite, le carbonate de calcium, le marbre et le granit, ce qui constitue, selon lui, une ponction sur les devises fortes.
Réforme et transformation
Sur la base de ce diagnostic précis, des réformes ont été engagées en vue d’asseoir une stratégie nationale globale. Parmi les réformes, Mohamed Arkab a mis en avant la promulgation d’une nouvelle loi minière, au mois d’août dernier. Cette loi a permis, selon lui, d’apporter plus de simplification, d’attractivité et de libération de l’initiative mais aussi des réductions des délais administratifs, et la mise en place effective du guichet unique. Ce nouveau texte de loi a, en outre, introduit des procédures plus souples pour l’obtention des titres miniers et des incitations à l’investissement dans l’exploration, la phase la plus risquée, a-t-il précisé.
Des projets structurants clés
Le ministre d’Etat a souligné que l’objectif est de passer de la simple extraction de minéraux primaires à la construction d’une industrie minière intégrée. Dans ce contexte, il a mis en avant des projets structurants clés, notamment le projet de minerai de fer de Gara Djebilet à Tindouf, une initiative stratégique visant à garantir l’approvisionnement en matières premières de l’industrie nationale et à réduire la facture des importations. Il a également mentionné le projet intégré de phosphate dans l’est du pays, pierre angulaire de la production d’engrais et de la sécurité alimentaire. Il a, par ailleurs, évoqué le projet de zinc et de plomb de Wadi Amzour-Tala Hamza, qui contribuera à satisfaire les besoins de l’industrie locale et à orienter le surplus vers l’exportation à valeur ajoutée. Mohamed Arkab a, également, évoqué le défi des infrastructures, soulignant qu’il avait été relevé dans le cadre de grands projets, notamment après l’achèvement de la ligne ferroviaire reliant Gara Djebilet à Béchar, dont l’inauguration est prévue en janvier 2026, ainsi que la ligne Tébessa – Souk Ahras – Annaba, destinée au projet intégré de phosphate, et l’important agrandissement du port minéralier d’Annaba.
Diversifier et valoriser la base minière
Le ministre a insisté sur l’importance de diversifier et de renforcer économiquement le secteur minier grâce à des programmes ambitieux de recherche et d’exploration, ainsi que de développer la filière des minéraux industriels non ferreux afin de remplacer intégralement les importations. Il a aussi insisté sur la nécessité de promouvoir le contenu local, le transfert de technologies et la localisation de l’industrie en Algérie, considérant cela comme un impératif de souveraineté nationale pour protéger le patrimoine national et empêcher l’exportation de matières premières non transformées.
En conclusion de sa présentation, Mohamed Arkab a souligné que la nouvelle stratégie nationale, appuyée par la nouvelle loi minière, constitue le cadre pratique permettant de faire du secteur minier un pilier de l’économie nationale, une source durable de richesse et d’emplois, et un contributeur important au budget de l’État. Il a réaffirmé l’engagement du ministère à œuvrer activement à la réalisation de ces objectifs.
Saïd S
