Par S. M.
Laisser nos adolescents, nos enfants, à la merci des écrans et des réseaux sociaux, c’est comme les abandonner en pleine mer sans boussole, ni garde-fou. Ce n’est pas une exagération. C’est la réalité brutale de notre époque. Il est désormais incontestable que les réseaux sociaux sont devenus l’arme douce, mais destructrice, d’un effondrement moral et cognitif silencieux.
On ne parle pas ici d’un simple passe-temps. On parle de cerveaux d’enfants formatés, d’esprits fragiles happés par des algorithmes, de familles disloquées par l’addiction, de liens humains remplacés par des «likes», des filtres et des commentaires vides.
Chaque minute passée sur ces plateformes numériques, c’est une minute volée à la vraie vie, au dialogue familial, à la lecture, à l’apprentissage. Le numérique n’éduque pas. Il déstructure. Il n’instruit pas. Il alimente l’apparence, l’instantané, l’ego creux.
À qui remettons-nous nos enfants ?
À des multinationales qui exploitent leur attention pour faire de l’argent.
À des prédateurs tapis derrière des écrans, qui manipulent l’innocence à coups de faux profils.
À des plateformes qui normalisent l’humiliation, la vulgarité, l’hypersexualisation, la violence gratuite, sous couvert de «contenu viral».
L’adolescence n’est pas un terrain de chasse, ni un marché de données. C’est le chantier sacré où se forgent l’homme et la femme de demain. Et aujourd’hui, ce chantier est gangrené.
Il est intolérable que nos enfants tombent dans la dépression, l’échec scolaire, le suicide, simplement parce qu’on n’a pas eu le courage de dire NON à ces outils toxiques.
Il faut couper l’herbe sous les pieds des applications dangereuses, qui capturent nos enfants, les éloignent de leurs familles, de leur culture nationale, de leur santé mentale. Il faut démasquer et détruire les réseaux de prédateurs qui rôdent sur les plateformes avec une facilité effrayante.
Il faut restaurer l’esprit du foyer, du dialogue, de la parole autour de la table. Il faut ramener l’enfant au cœur de sa famille, de son école, de sa vie réelle. L’écran ne remplacera jamais un regard, un livre, une discussion, une accolade.
Ce combat est vital. Car derrière chaque écran allumé trop longtemps, il y a une conscience qui s’éteint.
Préserver la jeunesse, c’est préserver l’Algérie.
Et la jeunesse n’a pas besoin de filtres. Elle a besoin de repères.
Elle n’a pas besoin de «vues». Elle a besoin de valeurs.
Elle n’a pas besoin d’un feed. Elle a besoin d’une famille.
S.M.
