Le président de l’Autorité nationale de protection des données à caractère personnel (ANPDP), Samir Bourahli, a affirmé que « la protection des données n’est plus une option, mais une exigence de souveraineté nationale ».
Dans son allocution d’ouverture d’une d’étude consacrée à « la protection des données à l’ère de la transformation numérique, de la cybersécurité et de l’intelligence artificielle », en présence de membres du gouvernement, d’experts et de chercheurs, le même responsable a souligné que la vie privée n’est plus un simple enjeu technique, mais une question de droits et de confiance entre le citoyen et les institutions.
Soulignant que cette rencontre intervient dans un contexte où le développement technologique s’accélère et où les risques d’atteinte à la vie privée et aux droits fondamentaux des individus se multiplient, Samir Bourahli a relevé que « la protection des données personnelles n’exclut personne. Elle est intrinsèquement liée à l’identité personnelle et numérique de chacun d’entre nous et constitue aujourd’hui l’un des enjeux majeurs de la souveraineté nationale».
Un intérêt institutionnel
A cet égard, l’orateur a rappelé que l’examen, en juillet dernier, des amendements de la loi 18-07 témoigne de l’importance accordée par le législateur à ce dossier. Il a également salué la participation de plusieurs membres du gouvernement, preuve du travail conjoint entre pouvoirs exécutif et législatif pour bâtir une stratégie nationale cohérente de protection de l’identité numérique, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Une présence témoignant « d’une conscience collective de l’importance de protéger la vie privée dans un contexte de numérisation rapide, et d’une volonté de mener un dialogue profond et responsable sur la conciliation entre les exigences de l’ère numérique et le devoir de préserver les droits fondamentaux des citoyens».
Une ressource stratégique
« Les données personnelles sont désormais la véritable richesse de l’économie numérique », a-t-il déclaré, soulignant que la collecte et le traitement de ces renseignements constituent aujourd’hui le moteur de nombreuses activités économiques, administratives, sanitaires ou sécuritaires.
Et de rappeler que la mutation numérique en cours ne se limite pas à une modernisation technique des services publics, mais représente un véritable changement structurel redéfinissant la relation entre l’État et les citoyens. Ce tournant, a-t-il expliqué, crée de nouvelles opportunités d’efficacité et d’innovation, mais expose également les individus à des risques accrus d’atteinte à la vie privée et d’exploitation de leur identité numérique. Les données personnelles sont désormais la “monnaie” de cette époque et le bien le plus précieux de l’économie numérique mondiale. La majorité des transactions et services reposent sur la collecte, l’analyse et le traitement de ces données à des fins diverses : commerciales, sanitaires, sécuritaires, électorales et administratives. Cela expose l’individu de manière inédite à des acteurs multiples pouvant utiliser ses données sans son consentement ou sans respecter ses droits fondamentaux.
Un cadre juridique renforcé
Face à ces enjeux, qui exposent les citoyens face à une vulnérabilité inédite, dans laquelle leurs informations peuvent être utilisées sans leur consentement ou en violation de leurs droits fondamentaux, Samir Bourahli que la loi 18-07, modifiée et complétée par la loi 25-11, a instauré un cadre juridique strict pour encadrer la collecte et le traitement des données personnelles, tout en avertissant contre les risques de divulgation et d’exploitation abusive.
Il a également mis en avant le rôle central de l’Autorité nationale, une institution indépendante dotée de pouvoirs de contrôle, d’enquête et de sanction, mais aussi d’une mission de sensibilisation destinée à instaurer une véritable culture de protection des données et à renforcer la confiance du citoyen dans les services numériques.
Un dialogue constructif
Le président de l’Autorité a insisté sur la nécessité d’un dialogue continu entre les institutions, les experts et les acteurs du numérique pour concilier les impératifs de modernisation et le respect des droits fondamentaux. Selon lui, cette journée d’étude marque une étape supplémentaire dans la construction d’un écosystème numérique sûr et digne de la confiance des citoyens.
En conclusion, Samir Bourahli a réaffirmé la volonté de l’Autorité de poursuivre ses efforts pour faire de la protection des données personnelles un pilier essentiel de la transformation numérique en Algérie.
Synthèse Badis B.
