L’affaire des 30 téléphones portables introduits frauduleusement à l’aéroport international Houari-Boumediene a de nouveau été examinée hier devant la 10e chambre pénale de la cour d’Alger, présidée par Mme Dahmani Naïma. Le procureur général, représentant le ministère public, a requis l’aggravation des peines prononcées contre trois douaniers poursuivis pour avoir facilité l’entrée des appareils sans contrôle au scanner. Selon l’accusation, les trois agents auraient fermé les yeux sur un voyageur en provenance de Dubaï, lui permettant de faire passer 30 téléphones cellulaires sans déclaration et sans inspection douanière.
Cette opération illégale, assimilée à une fraude à l’importation, leur vaut aujourd’hui des poursuites pour complicité et manquement à leurs obligations professionnelles. Incarcérés à la prison d’El Harrach, les prévenus ont nié en bloc les faits qui leur sont reprochés. Ils ont affirmé que la véritable responsabilité incombait à un policier en service à l’aéroport, lequel aurait abusé de son autorité pour subtiliser les téléphones. Selon leur version, ce dernier aurait remis les appareils à un chauffeur de taxi qui l’attendait à la gare ouest de l’aéroport. Une autre prévenue, L.S., sœur de l’un des douaniers, incarcérée à la prison d’Aïn Soltane (Bordj Bou Arréridj), a été entendue par visioconférence. Elle a déclaré qu’elle s’était contentée de demander aux agents de « surveiller les cabas envoyés par son frère », en précisant que ceux-ci ne lui avaient rien demandé en contrepartie.
Fait notable, l’administration des Douanes n’a pas désigné de représentant pour se constituer partie civile ni sollicité de réparation financière pour les préjudices causés par cette tentative d’importation frauduleuse. L’affaire a été mise en délibéré, le verdict devant être rendu dans les prochains jours.
R.H.
