Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, s’est entretenu, jeudi, par téléphone avec son homologue égyptien, Badr Abdelatty, a indiqué un communiqué du ministère.
Cet échange intervient dans le cadre d’une série de contacts téléphoniques entre Attaf et plusieurs de ses homologues arabes, sur fond de récent tournant dans les relations algéro-émiraties, marqué par l’annonce par Alger de la rupture de ses relations avec les Émirats arabes unis.
Selon le communiqué algérien, les deux ministres ont notamment évoqué «la situation actuelle dans les mondes arabe et africain», en particulier les développements de la question palestinienne et les situations dans le Golfe, au Soudan, en Libye et au Sahel. Ils ont également abordé «la dynamique positive que connaissent les relations de partenariat entre l’Algérie et l’Égypte», dans le cadre du suivi des résultats de la neuvième session de la Haute- Commission mixte.
Selon certaines sources, l’entretien aurait également porté sur la prochaine rencontre entre le président Abdelmadjid Tebboune et son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi. Ce rendez-vous avait été convenu en juillet dernier, à l’issue d’un entretien téléphonique entre les deux chefs d’État. La rencontre doit se tenir au Caire, après la visite effectuée par le président égyptien à Alger en octobre 2024.
Il s’agit du deuxième entretien téléphonique entre Ahmed Attaf et Badr Abdelatty en cinq jours. Lors de leur précédent échange, samedi dernier, les discussions avaient notamment porté sur la poursuite de la coordination autour du dossier libyen, notamment dans le cadre du mécanisme tripartite réunissant les pays voisins de la Libye.
Alger et Le Caire ont réaffirmé, à cette occasion, la nécessité de poursuivre leur coordination, avec la Tunisie, afin de soutenir le processus de règlement politique en Libye et de préserver son unité, sa souveraineté et son intégrité territoriale. Les deux parties ont également souligné l’importance de renforcer la concertation entre les pays arabes face aux défis communs.
Des contacts avec Doha et Mascate
Cette séquence diplomatique s’inscrit dans une série plus large de consultations. Mardi dernier, Ahmed Attaf s’était entretenu avec le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al Thani. Les deux responsables avaient notamment évoqué les efforts visant à favoriser la désescalade et à réduire les tensions dans le Golfe, ainsi que la position algérienne condamnant les attaques visant l’intégrité territoriale des pays de la région.
Le chef de la diplomatie algérienne avait également échangé avec son homologue omanais, Badr ben Hamad Al-Busaidi. Les discussions avaient porté sur les efforts visant à réduire l’escalade et à privilégier les solutions diplomatiques pour préserver la sécurité et la stabilité régionales.
L’intensification de ces consultations intervient ainsi dans un contexte particulier, directement après la décision d’Alger de rompre ses relations avec Abou Dhabi. En l’absence d’explications officielles détaillées sur les motifs de cette décision, ces échanges pourraient notamment permettre à la diplomatie algérienne d’exposer à ses partenaires arabes sa lecture de la crise et les circonstances ayant conduit à cette rupture.
Des observateurs écartent toutefois, à ce stade, l’hypothèse d’une médiation entre Alger et Abou Dhabi. Selon eux, il serait prématuré d’évoquer une telle démarche, alors que la rupture vient d’être annoncée. Le président Abdelmadjid Tebboune avait, par ailleurs, déjà exprimé son opposition de principe à toute médiation dans les relations de l’Algérie avec les pays arabes.
S.R.
