Une initiative qui suscite un large intérêt de la part des travailleurs et qui s’inscrit dans le cadre des engagements présidentiels concernant le dossier des retraites, malgré les obstacles financiers et les débats sur la pénibilité des métiers.
Le dossier de la retraite proportionnelle et anticipée, abandonné il y a quelques années, revient de nouveau au devant de la scène parlementaire. En effet, le député à l’Assemblée populaire nationale, Youssef Adjissa, a déposé, le 11 mars, une nouvelle proposition de loi visant à instaurer la retraite sans condition d’âge après 32 années de travail effectif. Une initiative qui répond à une demande largement partagée par les travailleurs.
Le député a expliqué que cette proposition législative est plus concise que celle déposée à la fin de l’année 2022, qui comprenait alors des articles plus larges et détaillés. Cette fois, il a été contraint de réduire le contenu du texte et de supprimer toutes les dispositions ayant un impact financier direct sur le Trésor public, afin de faciliter son examen et sa discussion.
Les articles supprimés concernaient la retraite anticipée spécifique pour hommes et femmes, les avantages pour les travailleurs des wilayas du Sud et du Grand-Sud, la prime de retraite de 2,5% par année de travail après 32 ans, et les avantages pour les travailleurs en situation de handicap. La nouvelle proposition se limite donc à un article principal portant sur la retraite sans condition d’âge après 32 ans de travail.
Une proposition plus concise
Le député a précisé que cette initiative fait suite à une question orale adressée au ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale sur les capacités du Fonds national de réserve des retraites (FNRR), qu’il considère comme une source pouvant contribuer à couvrir les dépenses supplémentaires liées à cette mesure.
Il avait également posé une question orale au Premier ministre concernant le décret relatif aux métiers pénibles, mais n’ayant pas reçu de réponse, il l’a transformée en question écrite.
Pour renforcer la proposition, le député a joint une note explicative détaillant l’importance de cette initiative et ses effets sociaux, ainsi que des justifications légales et des suggestions pour financer le déficit potentiel, conformément aux dispositions de l’article 147 de la Constitution algérienne.
Des réunions avec les parties concernées ont été menées pour construire un consensus autour du projet et assurer ses chances de succès dans le processus législatif.
Historique et obstacles précédents
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des engagements annoncés par le président Abdelmadjid Tebboune concernant le dossier des retraites.
En 2024, le député avait vu son initiative rejetée. Dans une réponse officielle datée du 29 octobre 2024, le président de l’Assemblée populaire nationale, Brahim Boughali, a mis en avant la situation complexe de la Caisse nationale de retraite, rendant difficile toute décision allant dans ce sens dans un avenir proche. Selon lui, les propositions du député entraîneraient une augmentation significative des dépenses publiques, sans mesures visant à accroître les revenus de l’État, ce qui serait en contradiction avec la Constitution algérienne.
Le point de vue de l’UGTA
Lors de la présentation en juillet 2025 du projet de loi modifiant et complétant la loi n°83-12 du 2 juillet 1983 relative à la retraite, les sénateurs avaient insisté sur la nécessité d’élargir les mesures positives en faveur des personnels de l’éducation à d’autres secteurs à forte pénibilité : santé, mines, Protection civile, travaux publics, agents d’entretien, travailleurs en situation de handicap.
Un avis soutenu par le secrétaire général de l’UGTA, Amar Takdjout. Dans son intervention sur l’émission «Invité du jour» de la Chaîne III, en février 2025, il a abordé la possibilité d’étendre la retraite anticipée à d’autres catégories professionnelles jugées «pénibles».
«Il est essentiel d’ouvrir ce chantier de la haute pénibilité et d’engager une réflexion collective. Je suis convaincu qu’il existe des métiers pour lesquels il est nécessaire de disposer d’une expertise afin de déterminer les travailleurs qui pourraient prétendre à un départ anticipé», a-t-il déclaré.
Smail R.
