Les surfaces agricoles ont augmenté, tout comme les objectifs de production et les défis à relever.
Dans un environnement désormais marqué par des mutations profondes et des contraintes inédites, le secteur agricole algérien se trouve à l’orée d’une transformation structurelle. La mécanisation s’impose aujourd’hui comme une exigence stratégique incontournable, conditionnant à la fois la performance productive, la résilience des exploitations et la consolidation de la sécurité alimentaire en Algérie.
C’est, en substance, ce qu’il fallait retenir du passage, hier, de Benyoucef Derkaoui, directeur général d’Agrodrive, dans l’émission «L’invité du matin» de la Radio Chaîne I.
BenyoucefDerkaoui a expliqué que le secteur agricole est au centre de l’intérêt des pouvoirs publics, à leur tête le président de la République. Il a ajouté que son développement et sa bonne gestion ont un impact certain sur la santé économique du pays. Selon lui, l’un des éléments fondamentaux de cette dynamique reste la mécanisation, d’où la création d’Agrodrive, une entité dédiée à cette mission.
Cette création est venue, selon lui, combler d’importantes défaillances du parc national, notamment sa vétusté, son insuffisance numérique ainsi que sa mauvaise répartition à travers le territoire national. Ces insuffisances constituaient un frein à l’amélioration de la production agricole et, par ricochet, à la mise en œuvre de la stratégie nationale liée à la sécurité alimentaire.
Benyoucef Derkaoui a souligné que l’entreprise qu’il dirige s’inscrit aujourd’hui dans un modèle intégré englobant la prestation de services mécaniques, la gestion des équipements agricoles et le pilotage des opérations des campagnes agricoles. Avec trois directions régionales au Nord et trois au Sud, Agrodrive dispose déjà d’un maillage territorial significatif, couvrant aussi bien les zones sahariennes que les régions du Nord et de l’Est du pays.
Être à la hauteur des défis
Évoquant les premières actions de l’entreprise, son premier responsable a indiqué qu’Agrodrive a procédé à la signature d’un contrat avec le groupe AGM pour l’acquisition de 331 moissonneuses-batteuses. Parmi elles, 81 ont déjà été livrées et sont opérationnelles à Adrar et El Ménéa. L’entreprise prévoit également l’acquisition de 200 moissonneuses modernes destinées aux régions montagneuses.
Après les moissonneuses, Agrodrive a conclu avec AGM un autre contrat portant sur l’acquisition de 1 850 tracteurs, en préparation de la campagne de semences 2026-2027, en attendant la finalisation d’autres acquisitions d’équipements. Le responsable a précisé que l’accompagnement du fellah ne se limite pas aux seules céréales, mais concerne l’ensemble des filières agricoles, conformément aux objectifs des pouvoirs publics.
Selon lui, les surfaces agricoles ont augmenté, tout comme les objectifs de production, ce qui impose un accompagnement désormais scientifique et technologique de l’agriculture. Les défis sont donc considérables : accompagnement des agriculteurs, acquisition d’équipements et formation.
Dans un premier temps, l’État a débloqué 28 milliards de dinars pour soutenir cette dynamique. L’objectif fixé à Agrodrive est également la création de 2 600 postes d’emploi.
Concernant le parc national de moissonneuses-batteuses, il a rappelé que la capacité de production nationale est d’environ 1 000 unités par an, avec pour objectif à moyen terme d’atteindreplus de 3 000 unités, afin de permettre l’exploitation de près de 3 millions d’hectares dédiés aux céréales.
La stratégie nationale
Revenant sur la stratégie nationale, le directeur général d’Agrodrive a indiqué que la première action structurante a été la création du Haut-Conseil de la mécanisation, présidé par le Premier ministre. Sa mission est d’assurer une meilleure coordination entre les secteurs, de promouvoir la production nationale et de renforcer les capacités de maintenance et de formation.
En parallèle, le ministère a procédé à un recensement global des équipements agricoles, une première en Algérie, grâce à la mise en place d’une plateforme numérique dédiée. Cette initiative permet désormais de disposer de données chiffrées précises sur le parc national.
Campagne des moissons-battages
Interrogé sur la campagne des moissons-battages de cette année, Benyoucef Derkaoui a affirmé que l’opération se déroule à un rythme soutenu et sans grandes difficultés. Il a évoqué la mise en place d’un réseau de communication entre les différents intervenants afin d’assurer des interventions rapides en cas d’alerte ou de problème technique.
Il s’est également réjoui des performances de certaines machines, capables de traiter un pivot de 30 à 40 ha par jour. La campagne devrait être finalisée dans le Sud d’ici à la fin du mois de juin, avant de se poursuivre dans certaines régions du Nord, notamment Aïn Témouchent, Mascara et Relizane, pour s’achever dans les Hauts-Plateaux et les zones montagneuses.
S.Smati
