Ce budget se hisse en tête du classement en termes de dépenses de la Caisse nationale des assurances sociales.
S’exprimant sur les ondes de la Chaîne 3 dans l’émission « L’Invité du jour », le directeur des prestations à la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS), Abdelhafid Djeghri, a affirmé hier que l’organisme consacre des moyens financiers conséquents à la protection sanitaire et sociale des assurés algériens, tout en renforçant la numérisation de ses prestations.
Au cœur du dispositif de protection sociale figure un budget annuel estimé à près de 300 milliards de dinars, principalement consacré au remboursement des médicaments. Cette enveloppe, en constante augmentation avec un taux de croissance compris entre 6 et 8 % par an, permet la prise en charge de plus de 7 500 médicaments remboursables, couvrant l’ensemble des spécialités thérapeutiques.
Cette politique budgétaire soutient directement 28 millions de bénéficiaires du régime général, dont 5,5 millions de patients atteints de maladies chroniques nécessitant des traitements continus. Grâce au système du tiers payant et à la carte Chifa, les assurés sociaux accèdent aux médicaments sans avance de frais, tandis que 95 % des pharmaciens sont remboursés en moins d’une semaine, garantissant la stabilité du circuit pharmaceutique national.
Modernisation numérique et simplification des procédures
Parallèlement à cet engagement financier, la CNAS intensifie sa transition numérique afin d’améliorer l’efficacité de la gestion et la qualité du service rendu. Une campagne nationale de sensibilisation a été lancée en janvier à destination des employeurs, portant sur la déclaration annuelle des salaires et des travailleurs, obligatoire avant le 31 janvier.
Cette démarche concerne près de 438 800 employeurs actifs, publics et privés. La généralisation de la plateforme de télédéclaration a permis d’abandonner progressivement les procédures classiques, réduisant les déplacements et la gestion administrative papier. À ce jour, plus de 80 % des employeurs effectuent leurs déclarations par voie électronique, un taux qui atteint 95 % dans le secteur public, fort de plus de 2,4 millions de travailleurs.
Sécuriser les recettes sociales
Dans la même logique de rationalisation, la CNAS a introduit le prélèvement automatique des cotisations de sécurité sociale. Ce mécanisme, mis en œuvre avec l’accord préalable de l’employeur et en coordination avec les établissements bancaires, permet le paiement à échéance fixe et sans intervention manuelle.
Ce dispositif réduit sensiblement les risques de retard de paiement, élimine les pénalités financières et assure une meilleure traçabilité des opérations, contribuant ainsi à la sécurisation des ressources du système de sécurité sociale.
Prise en charge des enfants atteints de cancer
Sur le plan sanitaire, la CNAS a renforcé son intervention en faveur des enfants atteints de cancer, face à la hausse des besoins en soins spécialisés. Des conventions ont été signées avec sept établissements hospitaliers spécialisés en radiothérapie, dont six structures privées disposant d’équipements de pointe.
Le recours au tiers payant permet l’orientation rapide des patients vers ces structures lorsque le secteur public ne peut répondre immédiatement à la demande, sur décision médicale concertée. Ce dispositif complète les traitements existants, notamment la chimiothérapie, et vise à garantir la continuité des soins.
Extension du congé de maternité
Enfin, Djeghri est revenu sur l’extension du congé de maternité à cinq mois, consacrée par la loi promulguée le 22 juillet 2024. Cette mesure dépasse largement la norme internationale fixée à 98 jours par l’Organisation internationale du travail.
Elle prévoit également une prolongation exceptionnelle pouvant atteindre une année cumulée en cas de pathologies graves ou de malformations congénitales chez le nouveau-né, avec une prise en charge intégrale du salaire dès le premier jour, conformément au principe de remplacement de revenu du système algérien de sécurité sociale.
K.Z
