L’Algérie n’a jamais fondé sa diplomatie sur l’animosité des autres. Ce n’est pas parce que l’entité sioniste considère l’Iran comme un ennemi que l’Algérie doit, par mimétisme ou injonction, adopter la même posture.
Depuis plusieurs semaines, une campagne insidieuse prend forme contre l’Algérie. Après avoir été initialement lancées par certains médias marocains, les accusations d’un prétendu partenariat stratégique entre Alger et Téhéran sont désormais reprises en France, au sein de tables rondes organisées dans des cercles parisiens. Celles-ci évoquent un soutien financier, sécuritaire et diplomatique entre les deux pays, qu’elles présentent comme une menace pour la stabilité régionale. Ces allégations infondées s’inscrivent dans une tentative coordonnée de discréditer l’Algérie sur la scène internationale.
Tout porte à croire que cette campagne n’est ni innocente ni spontanée. Elle reflète un agacement persistant de la part de certains cercles français face à une Algérie indépendante, souveraine et refusant toute forme de soumission. À travers ces calomnies, la France semble vouloir faire payer à l’Algérie ses positions diplomatiques affirmées, notamment sur les causes palestinienne et sahraouie, ainsi que son refus de se soumettre aux jeux d’alliances imposés par certaines puissances. Il est évident qu’une telle entreprise de diabolisation vise à affaiblir la voix algérienne, en manipulant des thématiques géopolitiques sensibles.
Une riposte proportionnelle
Face à cette offensive, l’Algérie ne devrait pas tarder à répondre avec fermeté et lucidité. Il ne s’agit pas simplement de démentir, mais de dénoncer avec vigueur les intentions réelles derrière ces accusations. L’Algérie entretient avec l’Iran des relations mesurées, fondées sur les principes du droit international. Ces relations, à l’image de celles que l’Algérie entretient avec d’autres pays, s’inscrivent dans le cadre d’échanges bilatéraux transparents, institutionnalisés et respectueux des souverainetés respectives. La présence d’ambassades, les échanges culturels ou encore la participation conjointe à des forums économiques ou diplomatiques ne relèvent en rien d’un alignement stratégique contre qui que ce soit.
L’Algérie n’a jamais fondé sa diplomatie sur l’animosité des autres. Ce n’est pas parce que l’entité sioniste considère l’Iran comme un ennemi que l’Algérie doit, par mimétisme ou injonction, adopter la même posture. Cette logique binaire est contraire à l’essence même de la politique étrangère algérienne, qui repose sur l’équilibre, la non-ingérence et la défense du droit international. L’Algérie n’obéit aux caprices d’alliances fluctuantes ni aux exigences de puissances dominantes. Elle n’est pas, et ne sera jamais, soumise aux orientations diplomatiques d’un État tiers, fût-il allié de la France.
Il faut aussi dénoncer cette forme d’hypocrisie qui consiste, pour certains milieux en France, à projeter sur l’Algérie leurs propres contradictions. Si Paris choisit d’aligner systématiquement sa politique étrangère sur celle de Tel-Aviv, c’est son choix. Mais ce choix ne saurait devenir une norme à imposer aux autres, encore moins à l’Algérie, dont la diplomatie a toujours été façonnée par la défense des causes justes, la solidarité entre les peuples et l’indépendance des décisions.
Le silence d’Alger face à la calomnie ne doit pas être interprété comme de la faiblesse ou de l’aveu. La réponse sera sur le terrain diplomatique, médiatique, mais aussi politique. Il est essentiel de rappeler que l’Algérie n’a jamais dévié de ses principes : elle agit selon le droit international, développe ses relations bilatérales librement et refuse toute forme de polarisation idéologique importée.
Les attaques dont elle fait l’objet ne sont pas seulement injustes, elles sont dangereuses. Elles visent à créer un climat de méfiance, à fragiliser sa position régionale et à nuire à son image. L’enjeu dépasse largement le simple cadre d’un débat sur la nature de ses relations avec l’Iran : c’est une bataille pour l’indépendance diplomatique et la souveraineté politique.
L’Algérie fera face, debout et digne, en refusant que d’autres lui dictent ses amitiés, ses alliances ou ses positions. Elle n’a de compte à rendre qu’à son peuple et aux principes qu’elle a toujours défendus, y compris dans les moments les plus difficiles de son histoire.
Assia M.