La valeur globale des biens et fonds récupérés est estimée à près de 30 milliards de dollars.
Le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a affirmé jeudi au cours d’une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Guelma, que la relance des unités industrielles récupérées dans le cadre de la lutte contre la corruption « n’est pas seulement une reprise d’une activité interrompue, mais un projet économique intégré ».
Intervenant dans la commune d’El Fedjoudj, dans les locaux de la filiale Céréales et Conserveries de l’Est qui appartenait, auparavant, au groupe Amor Benamor avant d’être rattachée au Groupe public agro-industries Agrodiv, le ministre a souligné la « forte volonté de l’Etat de transformer les actifs industriels récupérés en véritable levier de production fondé sur une bonne gouvernance ».
La visite, dans la wilaya de Guelma, de six unités industrielles récupérées dans le cadre des affaires de lutte contre la corruption, s’inscrit, selon le ministre, dans le cadre de l’approche adoptée par le ministère de l’Industrie, visant à relancer l’industrie nationale sur des bases économiques solides, à renforcer son rôle dans la création de richesse et d’emplois, et à assurer la sécurité industrielle et alimentaire.
La mission de relance de ces unités récupérées, dans la wilaya de Guelma, spécialisées dans les industries agroalimentaires de transformation, a été confiée au groupe public Agrodiv en vue, a-t-il expliqué, de garantir un approvisionnement régulier en matières premières, le respect des normes de qualité et de sécurité alimentaire, et d’assurer une interconnexion de ces unités avec les réseaux de distribution et les marchés nationaux. Il a également précisé que la remise en marche des unités industrielles récupérées constitue un projet économique intégré reposant sur la modernisation des outils de production, l’amélioration de la gestion et le respect des normes de qualité et de sécurité alimentaire, garantissant ainsi l’efficacité économique et la durabilité de l’activité. Lors de sa visite, le ministre s’est rendu au complexe industriel et commercial « Masbarat Al Sharq » situé dans la commune de Bouati Mahmoud, classé parmi les biens industriels récupérés et valorisés. Au cours de cette visite, le ministre a inspecté les différentes unités de production et a assisté à un exposé détaillé fournies par les responsables du complexe concernant ses capacités de production, les types de produits fabriqués et ses perspectives de développement.
À cette occasion, le ministre a souligné l’importance de ce type d’investissements pour soutenir l’économie locale, créer des emplois et contribuer à la valorisation des produits agricoles, ce qui renforce le dynamisme de l’activité industrielle et le développement économique de la wilaya.
30 milliards de dollars récupérés
Depuis plusieurs années, l’Algérie a engagé une vaste opération de récupération des biens dits « mal acquis ». Des milliers de biens mobiliers et immobiliers ont été saisis, ainsi que des dizaines d’usines et de complexes touristiques qui sont désormais sous gestion étatique.
Ces sociétés, après leur confiscation par la justice ont été confiées à des holdings publiques pour assurer leur gestion, à l’instar de la holding Agrodiv, activant dans le secteur de l’agroalimentaire, qui a repris 37 unités de production, dont 35 fonctionnent actuellement à pleine capacité.
La valeur globale des biens et fonds récupérés est estimée à près de 30 milliards de dollars. Aujourd’hui, l’État s’attelle à redonner vie à ces entreprises stratégiques.
Situation du secteur à Guelma
Poursuivant sa visite, le ministre s’est rendu au niveau l’entreprise publique de production de cycles et motocycles (Cycma), au chef-lieu de la wilaya, où il a assisté à une présentation sur le plan de relance de l’activité de l’entreprise et a visité les différents ateliers actifs dans le domaine de la production de vélos, de tricycles et de motos pour personnes à mobilité réduite.
Après avoir écouté sur place une présentation détaillée du secteur industriel de la wilaya, qui compte 89 unités de production industrielle, dont 10 appartiennent au secteur public, le ministre de l’Industrie a estimé que « certaines unités industrielles à caractère stratégique, à l’instar de l’unité Cycma de production de vélos et de motos, bénéficient d’une attention particulière car elles représentent un modèle de développement d’une industrie mécanique nationale compétitive ».
Saïd S.
