L’État mobilise d’importants moyens humains, logistiques et techniques afin de garantir le bon déroulement des épreuves du baccalauréat 2025, dans des conditions optimales favorisant une compétition équitable et saine entre les candidats.
Le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saâdaoui, a donné, hier, le coup d’envoi officiel des épreuves du baccalauréat 2025 depuis le lycée El Idrissi à Alger. Une épreuve concernant «878 857 lycéens et candidats libres» répartis sur les «2964 centres d’examen» à travers le pays ainsi qu’à l’Ecole internationale algérienne de Paris. Lors d’un point de presse, le ministre a affirmé que tous les moyens «en termes d’organisation» sont mobilisés. Il faut «garantir à nos enfants les conditions d’une concurrence positive et juste. Que chaque candidat puisse exprimer ses capacités et ses connaissances».
A cet égard, le ministre souligne que le rôle du secteur et de l’Etat, est d’assurer les meilleures conditions possibles aux candidats. Pour le ministre, le secteur a œuvré à «fournir tout ce qui est possible en termes d’équipement et de moyens». Toutefois, le véritable indicateur de «la réussite» sera visible avec «les résultats des élèves. Nous pourrons les évaluer (le bac 2025) qu’une fois toutes les étapes achevées (…) mais dès maintenant nous avons beaucoup d’espoirs». Aussi, le premier responsable du secteur de l’éducation espère que les résultats seront encore meilleurs que ceux de l’année précédente. C’est-à-dire que l’on dépasse le taux de réussite de 58,28%. Quant à la question de la publication des résultats, aucune date ne peut être communiquée pour le moment. Le ministre explique en effet que le secteur laissera toute latitude aux correcteurs afin qu’ils fournissent le meilleur travail. «Que ce soit pour le BEM ou le Bac, nous accordons aux commissions de correction le temps nécessaire pour traiter le nombre de copies. Mais une fois cette étape finalisée les résultats seront immédiatement annoncés», a-t-il assuré
La pédagogie pour lutter contre la fraude
Sur un autre plan, Mohamed Seghir Saâdaoui a estimé que les cas de fraude sont aujourd’hui une exception. Il explique que son secteur adopte une approche pour lutter contre ce fléau sur les plans pédagogique et technique. «Pour le BEM, sur plus de 826 000 candidats nous avons eu 35 cas de fraude. En langage mathématique, c’est négligeable». Il ajoute que le renvoi des élèves devant la justice constitue une méthode pédagogique. «Par la suite, c’est la justice qui rendra les décisions contre les fraudeurs, en tenant compte de l’âge. Quand le prévenu est un mineur il est présenté à un juge spécialisé, la réponse n’est pas punitive mais éducative. C’est ce que certains semblent ignorer en parlant (à tort) de condamnation à des peines de dix ans de prison», relève le ministre.
Pas de blocage total d’internet
Une première depuis fort longtemps. Les épreuves du baccalauréat n’ont pas connu une coupure totale de l’internet, même si le ministre soutient que «couper Internet est l’un des outils pour sauvegarder la crédibilité du baccalauréat. Nous travaillons avec cette option, s’il y a un autre moyen, nous l’adopterons, sans porter atteinte aux autres secteurs qui se plaignent de la coupure d’Internet». «Nous luttons contre la fraude grâce à des moyens techniques mais aussi par le dialogue», a-t-il assuré, précisant que «nous éduquons nos enfants dès le primaire sur le principe que la fraude est un forme de trahison. Nous devons faire en sorte que les élèves s’opposent eux-mêmes à la fraude». Néanmoins, le ministre n’a pas totalement exclu le recours à une coupure d’internet si cela est nécessaire. «L’objectif est toujours de garantir la transparence et l’égalité de l’épreuve du baccalauréat», indique-t-il.
Reprise des concours de recrutement
Sur un autre registre, le ministre a annoncé la relance imminente des concours de recrutement d’enseignants, et ce, en fonction des besoins exprimés par le secteur.
Le ministre a expliqué que son département avait eu recours au système de contractualisation durant la pandémie de Covid-19, en raison de l’impossibilité d’organiser des concours de recrutement à cause de la situation sanitaire.
Evoquant la révision du statut particulier et du régime indemnitaire des fonctionnaires du secteur de l’Education nationale, il a précisé que «certaines organisations syndicales ont émis des réserves et formulé des observations sur plusieurs points non couverts par la révision». «Elles ont été prises en considération et un projet de révision est actuellement en cours d’élaboration», a-t-il dit.
Une réforme en profondeur
Sur sa lancée, le ministre a révélé une réforme en profondeur du système éducatif, notamment au niveau du cycle primaire, en vue d’améliorer la qualité de l’enseignement. D’ailleurs, la Commission nationale pour la qualité de l’éducation, récemment créée, a d’ores et déjà finalisé ses travaux sur les programmes des première, deuxième et troisième années du primaire, précise le ministre, ajoutant que «les résultats seront annoncés prochainement». Cette étape franchie, le ministère compte élargir la réforme aux classes de quatrième et cinquième années. Par ailleurs, dès la prochaine rentrée scolaire, il est prévu le lancement du Concours national du Prix national de la créativité et de l’innovation scolaires et des Concours inter-lycées et inter-collèges, dans une démarche visant à encourager l’émulation entre les élèves et à leur permettre de montrer leurs capacités, a précisé le ministre.
Nadir K.