La Coordination nationale pour la sauvegarde du FLN exige le départ du Secrétaire général après que le siège du parti ait été pris d’assaut hier par des dizaines de militants
Un groupe, constitué de responsables de cellules locales et régionales, ainsi que d’anciens dirigeants et membres du comité central a notifié officiellement, au mois de juin dernier, au parti la création d’une Coordination nationale pour la sauvegarde du FLN. Ce groupe emmené par Kaci Abdelkader, un ancien membre du Conseil de la nation et membre influent au sein du comité central du parti constatant depuis le silence des dirigeants du parti est entré hier en action en renouant avec le mouvement de «redressement». «Depuis le 12 juin 2024, deux sessions ordinaires du Comité central (CC) ne se sont pas tenues», a-t-il déclaré dans une vidéo sur la page officielle de l’Instance, dénonçant «une fuite en avant et un manque de respect envers les militants, le parti et les lois de la République». Hier, le siège national du FLN, à Hydra, a été pris d’assaut par plusieurs dizaines d’adhérents venus des différentes mouhafadha du pays.
Les opposants à la ligne actuelle n’avaient qu’une seule phrase en bouche que l’actuel SG plie bagage. «Nous voulons le départ de Benmbarek, car il a réduit notre parti au rang de figurant sur la scène politique nationale. Le FLN est plus grand que Benmbarek. Il a failli et il doit céder la place», lancera un protestataire issu de la wilaya de Boumerdès. Évoquant «une tension, des conflits et des exclusions», d’autres manifestants accusent clairement le SG du parti d’être derrière ce qu’ils qualifient de «pourrissement» au sein de cette formation politique. Pour eux, il est le premier et seul responsable dans la «saignée» que leur formation a connu durant son mandat. Après avoir scandé à tue-tête les traditionnels slogans «Benmbarek dégage» et «rendez le FLN à ses enfants», les redresseurs se sont séparés dans le calme, tout en annonçant de revenir à la charge dans les prochains jours.
Une base marginalisée
Dans un communiqué rendu public, les néo-redresseurs expliquent que leur action est motivée par la marginalisation de la base et une gestion individuelle fondée sur le favoritisme, le régionalisme odieux et l’exclusion, loin des fondements de la concertation et de la démocratie : «Aujourd’hui, nous nous tenons dans cette première manifestation nationale pacifique de ce genre avec des centaines de personnes (coordinateurs et membres des organes de coordination) sous la bannière du Comité national de coordination pour le salut du Parti du Front de libération nationale devant le siège central du parti à Hydra, qui sera suivie par des milliers de manifestants pour la défense du Parti du Front de libération nationale, de sa glorieuse histoire et de son avenir qui est destiné à être confisqué par une direction qui n’a aucune légitimité, ni organisation, ni représentation, ni lutte», dénoncent-ils. Plus loin, ils accusent le SG d’avoir organisé la 11e Conférence «dans des circonstances mystérieuses et exclur les militants légitimes, ce qui lui a fait perdre toute légitimité politique et juridique».
Selon eux, la mauvaise gestion financière et administrative, et l’absence de toute norme de transparence, «nécessite une enquête immédiate, notamment sur les actifs du parti. Front de libération de la patrie. Insulter publiquement des militants honorables à travers les médias, ce qui constitue un comportement irresponsable qui aggrave encore la crise». Pour toutes ces raisons, les contestataires exigent le «départ immédiat de la direction défaillante du parti» ainsi que la «suspension et l’annulation immédiate du processus de restructuration fabriqué et falsifié».
Dans l’opacité
Au titre des suggestions, ce comité exige l’établissement d’un «comité national composé de cadres et de compétences honnêtes du parti dont la mission est de gérer les affaires du parti et de préparer une conférence globale et inclusive sans exclusion ni marginalisation, afin de redonner la parole à la base de lutte». Selon des sources internes du parti, c’est la campagne de restructuration des organes de base qui ne fait pas l’unanimité. Le chef de file des redresseurs du FLN lui suggère d’avoir «le courage» et de se présenter devant les membres du CC qu’il «doit convaincre de la légitimité de l’opération de restructuration en cours».
En effet, pour les opposants à l’actuelle direction, le renouvellement des structures locales «ne se fait pas dans la transparence» comme on tente de le faire croire. «Il y a des violations flagrantes des textes réglementaires, à commencer par la remise des cartes d’adhésion qui ne s’est pas faite dans les temps et règles», fustige le coordinateur, appelant Abdelkrim Benmbarek «à ouvrir les portes du siège du parti» pour permettre le «libre débat» et à «ne pas diriger depuis les cafétérias».
M.T
