La Palestine a remporté lundi une victoire diplomatique historique: la reconnaissance de son État par plus d’une dizaine de nations occidentales.
Les regards étaient tournés vers New York, où se tenait un sommet international de haut niveau consacré à la solution à deux États . «La situation est intolérable et se dégrade d’heure en heure. Nous sommes ici aujourd’hui pour tenter de faire émerger la seule issue à ce cauchemar», a averti Antonió Guterres, le Secrétaire général de l’ONU, à l’ouverture de la rencontre. «La création d’un État palestinien est un droit et non une récompense». Le sommet a marqué un tournant diplomatique. Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé dès l’ouverture la reconnaissance officielle de l’État palestinien par la France. «Oui, le temps est venu d’arrêter la guerre à Gaza, les massacres, la mort.
L’urgence nous le commande. Le temps est venu de rendre justice au peuple palestinien et ainsi de reconnaître un État de Palestine», a déclaré Macron. La veille, le Royaume-Uni, le Canada, le Portugal et l’Australie en avaient fait de même. Durant la conférence, la décision française a été suivie par celles de la Belgique, d’Andorre, de Malte, du Luxembourg, de Monaco et de Saint-Marin. «Nous devons transformer cette reconnaissance politique en un chemin crédible vers la coexistence», a insisté Annalena Baerbock, présidente de l’Assemblée générale, appelant à «donner un sens concret à la solution à deux États». Au total, en à peine deux jours, 11 pays occidentaux se sont ajoutés à la liste des 147 États qui reconnaissaient déjà la Palestine, soit l’immense majorité des 193 membres de l’organisation.
L’Espagne, fer de lance du soutien à la Palestine en Europe, plaide carrément pour l’adhésion pleine et entière d’un État palestinien à l’ONU. «L’État de Palestine doit être membre de l’ONU», a lancé le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, qui a reconnu l’État palestinien le 28 mai 2024. Les États-Unis et l’entité sioniste, comme attendu, ont boycotté la réunion, tout comme ils avaient boudé en juillet un premier sommet sur la question, également à l’initiative de Paris et Riyad, à l’issue duquel l’Assemblée générale avait adopté, le 12 septembre, la «Déclaration de New York».
Le faux constat de Trump
Hier, le président américain fidèle à son discours pro-israélien a estimé dans son intervention que reconnaître la Palestine comme un Etat, c’est accorder une «récompense» au Hamas pour les «atrocités» commises par «les terroristes», et ce, «alors même qu’ils refusent de libérer les otages ou d’accepter un cessez-le-feu». Il a ajouté : «N’oublions pas le 7-Octobre.» la même rhétorique pour Trump se considérant comme «l’homme de paix» qui mérite le Nobel, que l’ONU n’aide pas dans ses efforts de paix. Il l’accuse d’ailleurs de ne pas «apporter» de «solutions» aux divers conflits qui cisaillent le monde. Pire, il détourne le débat sur son sujet de prédilection : l’immigration» se proclamant toujours comme le sauveur du monde. «D’autres pays sont submergés par une immigration clandestine qui les détruit. Alors il faut agir», a martelé le président des États-Unis.
Avant d’aller jusqu’à accuser l’ONU de «financer» et de «soutenir» l’immigration clandestine. Donald Trump affirme que les pays de l’Europe «vont en enfer» à cause de leur politique migratoire. De plus en plus spécifique, il a lancé que Londres tomberait prochainement dans la «charia», faisant un lien entre islam, immigration et régimes islamistes. En dépit de l’opposition des Etats-Unis, la reconnaissance de l’Etat de Palestine par de nombreux autres pays, constitue une avancée majeure. La Palestine occupe actuellement un statut singulier aux Nations Unies. Depuis 2012, elle est considérée comme un «État non membre observateur». En 2024, l’Assemblée lui avait accordé le droit de participer activement à l’ensemble de ses travaux, y compris ceux n’étant pas directement liés au Moyen-Orient, sans pour autant lui donner de droit de vote.
Désormais, quatre des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (la France, le Royaume-Uni, la Chine et la Russie) reconnaissent la Palestine. Les États-Unis demeurent ainsi la seule puissance nucléaire au sein de l’organe onusien chargé des questions de sécurité collective à s’y opposer.
Synthèse A. I.
