La Banque mondiale estime que l’Algérie maintiendra une trajectoire de croissance solide, malgré un environnement économique mondial incertain.
Les experts internationaux anticipent pour l’économie algérienne, à l’horizon 2026, des perspectives de croissance modérée mais stable, autour de 3,5 %, soutenue par la dynamique des secteurs hors hydrocarbures et par les réformes en cours de mise en œuvre.
Les derniers rapports de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI), ainsi que des projections d’organismes spécialisés comme Trading Economics, insistent sur la nécessité de poursuivre les efforts de diversification économique, d’améliorer le climat des affaires et d’intégrer davantage les enjeux climatiques, dans un contexte marqué par un recul progressif de l’inflation et des investissements orientés vers une plus grande autonomie économique.
Dans son dernier rapport « Global Economic Prospects », publié début janvier, la Banque mondiale estime que l’Algérie maintiendra une trajectoire de croissance solide, malgré un environnement économique mondial incertain. Après une progression de 3,6 % en 2022 et une accélération à 4,1 % en 2023, la croissance devrait connaître une légère décélération à 3,1 % en 2024, avant de se redresser à 3,4 % en 2025 et de se stabiliser à 3,3 % en 2026.
Ces performances demeurent supérieures à la moyenne mondiale projetée à 2,7 % sur la même période, positionnant ainsi favorablement l’économie algérienne.
Le rapport met en avant une croissance soutenue dans l’agriculture, l’industrie manufacturière et les services, secteurs qui bénéficient d’une attention prioritaire dans les politiques publiques. Il souligne également le potentiel logistique du pays, susceptible de générer des opportunités significatives en matière de croissance et de création d’emplois. L’intégration régionale et la coopération internationale sont, par ailleurs, identifiées comme des leviers essentiels du développement économique.
Un atout stratégique
Dans le domaine des énergies renouvelables, l’Algérie dispose d’un potentiel considérable. La Banque mondiale estime que le pays pourrait devenir un exportateur clé d’énergie verte vers l’Europe, en s’appuyant sur l’abondance de ses ressources naturelles et sur les projets de développement engagés dans ce secteur.
Projetée autour de 3,5 % en 2026, la croissance devrait être soutenue par la poursuite des réformes visant à renforcer la diversification de l’économie. Les secteurs hors hydrocarbures — notamment l’agriculture, l’industrie et les services — devraient continuer à jouer un rôle moteur. L’année 2026 est ainsi perçue comme une étape clé dans la stratégie nationale de diversification, avec des efforts accrus pour améliorer le climat des affaires, l’accès au financement et la concurrence.
La mise en œuvre effective et continue des réformes demeure cruciale pour soutenir la création d’emplois et consolider la croissance.
Le FMI souligne que le recul de l’inflation constitue un signal positif, tout en appelant à maintenir une vigilance budgétaire. L’intégration de la dimension climatique apparaît également incontournable, notamment face aux politiques de décarbonation des partenaires commerciaux, à l’instar du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’Union européenne.
L’accompagnement des structures d’appui, tels que les incubateurs, ainsi que des étudiants porteurs de projets, est jugé essentiel pour transformer le potentiel existant en succès industriels concrets.
Selon certaines projections, le produit intérieur brut de l’Algérie pourrait atteindre près de 271 milliards de dollars d’ici la fin de l’année 2026. À moyen terme, le pays affiche des ambitions plus élevées, visant un PIB de 400 milliards de dollars à l’horizon 2027.
Des avancées saluées
En résumé, l’année 2026 est envisagée comme une phase de consolidation des efforts de diversification économique, avec des prévisions de croissance stables, sous réserve de la poursuite des réformes structurelles et d’une meilleure intégration des enjeux climatiques. Dans son rapport de 2025 intitulé « Comment l’Algérie construit une économie dynamique pour demain», la Banque mondiale souligne les progrès réalisés en matière de diversification, portés par les réformes engagées et la relance des secteurs non liés aux hydrocarbures, avec des exportations hors hydrocarbures ayant triplé.
L’institution met toutefois en garde contre la persistance de contraintes structurelles, telles que la faible productivité et les lourdeurs bureaucratiques.
Enfin, la loi de finances 2026 s’inscrit dans une logique de continuité en matière de maîtrise des dépenses publiques, tout en maintenant un accent particulier sur les transferts sociaux — allocations et retraites — ainsi que sur les subventions des produits de base.
H. Adryen
