Par S. M.
Deux ans après le 7 octobre, le New York Post rejoue la même partition : L’entité sioniste, éternelle victime. Ghaza, éternel coupable. Dans un éditorial rageur, le quotidien new-yorkais prétend que les soutiens de la Palestine ne veulent la paix qu’à leurs conditions. Mais derrière ce discours moralisateur se cache une évidence : le refus obstiné de voir la réalité coloniale.
Le journal ne parle ni du blocus de Ghaza, ni des milliers de civils palestiniens massacrés sous les bombes, ni de l’occupation permanente qui nie depuis 75 ans le droit des Palestiniens à l’existence.
Il ne s’interroge pas sur la disproportion des forces ni sur la responsabilité d’un État qui bombarde des hôpitaux et appelle cela «sécurité». La sécurité de qui, au juste ? Celle d’un pouvoir qui confond défense et domination ?
Qualifier Hamas de «secte de la mort» tout en ignorant les crimes d’un gouvernement sioniste radicalisé, c’est fermer les yeux sur la spirale de la haine qu’alimentent l’impunité et le mépris.
Les mots du New York Post sont ceux d’une propagande qui diabolise tout un peuple pour justifier un viole sans fin.
Le journal évoque Donald Trump comme un faiseur de paix. Ironie tragique : c’est lui qui a piétiné le droit international en reconnaissant Jérusalem comme capitale sioniste et en finançant l’occupation sous couvert de médiation.
Parler de paix sans parler de justice, c’est préparer la prochaine guerre.
Les voix qui réclament un cessez-le-feu ne soutiennent pas Hamas : elles défendent la vie. Elles refusent la logique du talion que prône la droite américaine. Ghaza n’a pas besoin de leçons de morale, elle a besoin de respirer, de se reconstruire, de survivre.
Le New York Post accuse les manifestants pro-palestiniens de vouloir la «dissolution d’Israël».
Non : ils réclament simplement la fin de l’impunité. Car une paix imposée par les bombes n’est pas une paix, c’est une pause avant le désastre suivant.
À force de défendre l’indéfendable, la presse américaine oublie la vérité première du journalisme : questionner le pouvoir, pas le servir.
Ghaza ne demande pas vengeance. Elle réclame justice — et la justice, elle, ne se négocie pas.
S.M.
