La construction du nouveau quai minéralier au port d’Annaba marque un tournant décisif dans la stratégie de l’Algérie pour la diversification de son économie nationale, en particulier dans le secteur minier.
Ce projet d’envergure, au cœur du programme intégré de valorisation du phosphate dans l’est du pays, se veut une réponse concrète à l’objectif national d’augmenter les exportations hors hydrocarbures
En effet, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a présidé ce jeudi une réunion, axée sur l’état d’avancement des travaux d’extension du port d’Annaba. Ce projet stratégique comprend la réalisation d’un nouveau quai minéralier destiné à soutenir le projet intégré du phosphate dans l’Est du pays.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’un suivi rapproché des projets structurants du secteur, amorcé dès mercredi avec une série de réunions entre le ministre et les responsables des groupes et entreprises nationales sous tutelle. L’objectif : évaluer l’évolution des chantiers d’envergure, avec un accent particulier sur les infrastructures portuaires.
Une infrastructure au cœur de la stratégie économique
Le projet d’extension du port d’Annaba, lancé en 2024, est considéré comme un levier clé pour la diversification des exportations algériennes hors hydrocarbures. Il s’inscrit dans le cadre du développement du gisement de phosphate de Blad El Hadba, situé dans la wilaya de Tébessa, dont les réserves sont estimées à 89 milliards de dinars algériens (environ 620 millions d’euros).
Ce programme ambitieux prévoit le raccordement du site minier au port par une ligne ferroviaire de 422 kilomètres, traversant les wilayas de Souk Ahras, Guelma et Skikda. À terme, il permettra la transformation locale du phosphate en dérivés phosphatés et en engrais destinés tant au marché intérieur qu’à l’exportation.
Un chantier d’envergure
La réunion de suivi s’est tenue en présence des cadres centraux du ministère, du directeur général de l’Agence nationale de réalisation des infrastructures portuaires (ANRIP), maître d’ouvrage du projet, ainsi que du consortium algéro-chinois chargé de la réalisation. Ce dernier regroupe notamment Cosider TP, MEDITRAM, la China Harbour Engineering Company (CHEC), le laboratoire d’études maritimes (LEM) et la société Alfapipe.
Le DG de l’ANRIP a présenté un exposé technique détaillé sur l’état des travaux, soulignant les progrès réalisés mais aussi les obstacles rencontrés. Le ministre Djellaoui a apporté des solutions concrètes pour lever ces blocages, tout en appelant à une meilleure coordination entre les parties prenantes afin d’accélérer le rythme des travaux.
Le consortium a pris des engagements clairs : fournir et fabriquer les matériaux et équipements nécessaires dans les délais impartis, assurer une coordination étroite et livrer le projet dans les délais contractuels fixés, conformément aux orientations du président de la République.
Dans ce contexte, le premier responsable du secteur a annoncé la création d’une cellule de suivi dédiée à ce projet. Celle-ci regroupera l’ensemble des acteurs concernés, dont la directrice centrale du développement des infrastructures portuaires, représentant le ministère, pour un suivi efficace et en temps réel des différentes étapes de la réalisation.
Une plateforme aux ambitions internationales
Le futur quai minéralier s’étendra sur 82 hectares, avec 1 600 mètres de longueur et une profondeur de 16 mètres, capables d’accueillir des navires de grand tonnage. Le projet inclut également la construction d’une digue de protection de 1 400 mètres, ainsi que diverses installations portuaires modernes.
À terme, cette infrastructure permettra d’exporter plus de 6 millions de tonnes par an de produits phosphatés transformés, renforçant ainsi la position du port d’Annaba comme hub stratégique pour les exportations hors hydrocarbures de l’Algérie.
En parallèle, les préparatifs sont en cours pour les visites de terrain que le ministre effectuera dès le début de la semaine prochaine, dans le cadre du suivi des grands projets en cours à l’échelle nationale.
Ce chantier d’envergure s’inscrit également dans une stratégie plus large portée par la société Asmidal (filiale du groupe Sonatrach), visant l’exploitation du gisement de Djebel El Onk, autre pilier du futur complexe phosphatier algérien.
Islam K.
