Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale a défendu, hier au Conseil de la nation, le projet de réforme de la loi de 1983 relatives aux assurances sociales. Fayçal Bentaleb, qui demande aux membres de la Chambre Haute d’approuver à leur tour le nouveau texte, après son passage réussi à l’APN, a longuement mis en avant les « avancées » qu’il apportera aux femmes travailleuses. La mesure phare de la réforme est en effet une importante prolongation du congé maternité, passant à « 150 jours au lieu des 98 jours actuels ».
Dans sa déclaration, puis les réponses aux membres du Conseil de la nation, le ministre explique que « la réforme et l’enrichissement » de la loi numéro 83-11, « est une mise en œuvre des orientations du président de la République ». Le ministre ajoute, que l’objectif du « président de la République est de renforcer la place des femmes travailleuses, en facilitant l’équilibre entre la vie professionnelle et les responsabilités familiales ». La validation du texte, et sa mise en œuvre, permettra également à l’Algérie de rester à l’avant-garde des pays soutenant la maternité. La loi de 1983, lance le ministre, accordait déjà « 14 semaines (98 jours) de congé maternité, alors que la norme mondiale était de 12 semaines ». Et l’idée aujourd’hui est de passer à 150 jours, avec « remboursement à 100% du salaire ».
A ce propos, Fayçal Bentaleb s’est félicité que la législation algérienne, « accorde une indemnité de salaire à 100% durant le congé maternité. Cela est supérieurs à ce qui est proposé dans un grand nombre de pays, ou l’indemnité est partielle voir inexistante ». Idem pour ce qui est du « coût des soins, avant et après l’accouchement ». La sécurité sociale en Algérie couvre en effet « les neuf risques définis par l’accord numéro 102 de l’Organisation international du Travail, c’est-à-dire, les maladies, la maternité, les accidents de travail, les maladies du travail, le chômage, les allocations de travail, l’incapacité de travail, la retraite et le décès ».
Quant au coût de la réforme, le ministre estime qu’il sera relativement important, mais nécessaire au regard de la tradition sociale de l’Algérie. Ainsi, on apprenait que 131 000 travailleuses « ont bénéficiées, en 2024, de l’indemnité journalière de maternité ». Soit une dépense pour la sécurité sociale de « 26,5 milliards de dinars ». Le même indicateur en 2013 ajoute le ministre était de « 94 000 travailleuses bénéficiaires pour un coût de 9,8 milliards de dinars ».
Par ailleurs, l’enrichissement du texte de 1983 sera également l’occasion de mettre à jour les mesures au profit des familles d’enfants malades ou handicapés. Fayçal Bentaleb explique que « le projet est aussi humanitaire et social ». Concrètement, le ministre explique que « les mères concernées, après la période des 150 jours pourront bénéficier de nouvelles mesures », dont une « premières prolongation automatique de 50 jours du congé maternité ». Puis la réforme permettra d’accorder une seconde prolongation du congé de maternité de 165 « si nécessaire».
Vers l’équilibre de toutes les caisses d’assurances
Au-delà de la question de la réforme de la loi de 1983, le passage du ministre devant les membres du Conseil de la nation a été l’occasion de faire le point sur « l’équilibre » des différentes caisses d’assurances sociales. En ce sens, Fayçal Bentaleb précise que « le système d’assurance sociale algérien est large, important et à l’équilibre mais il est vrai que cela n’a pas toujours été le cas. Toutefois depuis 2021, presque toutes les caisses sont à l’équilibre ». Seule, la caisse des retraites « enregistre un léger déséquilibre, mais elle s’oriente vers l’équilibre, le déficit a pu baisser de 55% au cours des dernières années ». Et la perspective pour la caisse des retraites est jugée « positive », cela « grâce à l’élargissement de la base de contribution (…) en améliorant la déclaration justes des travailleurs, et en travaillant à une meilleure intégration du travail non-déclaré ».
Nadir K.