Cette décision intervient après les interrogations exprimées par plusieurs dirigeants de formations politiques, qui ont regretté de ne pas avoir été conviés à participer aux débats et de n’avoir pas eu l’opportunité de soumettre leurs propositions.
Le dialogue avec les partis politiques débutera juste après l’adoption du projet de loi sur les partis, a annoncé, le 21 décembre 2025, à Alger, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de son discours annuel devant les élus des deux chambres du Parlement (Assemblée nationale populaire et Conseil de la nation) qu’il a prononcé au Palais des nations.
Dans ce cadre, le Parlement tente d’accélérer l’adoption dudit projet. A cet égard, la Commission des affaires juridiques et administratives et des libertés de l’Assemblée populaire nationale (APN) a auditionné, plusieurs partis politiques dans l’objectif d’enrichir le projet en question.
Les réserves du FLN
Intervenant devant les membres de la commission, le représentant du Front de libération nationale (FLN), Mohamed Kenaï a qualifié ce texte de « fondamental », estimant qu’il contribuera à la consolidation de la pratique démocratique, au renforcement du pluralisme politique et au soutien des partis dans l’exercice de leur rôle sur la scène nationale.
Selon un communiqué de l’APN, le représentant du FLN a souligné que le projet de loi, enrichi par les propositions formulées auparavant par les différentes formations politiques, a permis l’intégration de plusieurs amendements jugés pertinents. Toutefois, il a relevé la nécessité de clarifier ou de réexaminer certaines dispositions.
Parmi les points soulevés figurent notamment les modalités de financement des partis politiques, la distinction entre l’action partisane et le travail associatif, l’obligation d’une activité politique continue et non limitée aux seules échéances électorales, la formation des militants, ainsi que le rôle des partis dans l’élaboration des listes électorales.
De leur côté, les députés ont axé leurs interventions sur les articles relatifs au financement des formations politiques, en particulier le soutien à la formation et à l’adhésion des militants. Ils ont insisté sur l’importance d’un accompagnement financier adéquat afin de permettre aux partis d’assumer pleinement leurs missions politiques.
La vision du RND
Lors de son audition par la Commission, le président du groupe parlementaire du Rassemblement National Démocratique (RND), Abdelghani Toumi, a reconnu que le projet de loi s’inscrit dans une dynamique de réorganisation de la vie politique sur des bases juridiques plus efficaces, susceptibles de renforcer le rôle des partis dans l’encadrement de la société et leur participation à l’élaboration des politiques publiques et des lois. Néanmoins, il a insisté sur la nécessité de renforcer la crédibilité de la représentation politique, de consolider le rôle des partis dans l’évaluation des politiques publiques et de garantir leur autonomie dans la gestion de leurs affaires internes.
Il a également plaidé pour une plus grande souplesse des dispositions réglementaires, permettant de prendre en compte les spécificités idéologiques et programmatiques des différentes formations politiques
D’autres partis auditionnés
Pour avoir plusieurs sons de cloche, la Commission a décidé d’élargir le champ des consultations Cette décision intervient après les interrogations exprimées par plusieurs dirigeants de formations politiques, qui ont regretté de ne pas avoir été conviés à participer aux débats et de n’avoir pas eu l’opportunité de soumettre leurs propositions.
Initialement, l’agenda de la Commission prévoyait des auditions réservées aux partis représentés au Parlement : le FLN, le RND, le MSP, le Mouvement El-Bina, et le Front El-Moustakbal. Une restriction ayant suscité des protestations de la part de dirigeants d’autres partis, qui ont demandé à être associés à l’examen du projet et à pouvoir faire valoir leurs observations.
En réponse à ces demandes, un nouveau calendrier a été établi. Il prévoit d’élargir les séances d’audition, afin d’y inclure des experts, des spécialistes et les responsables de diverses formations politiques, dans le cadre de l’étude du projet de loi organique relatif aux partis politiques.
Ainsi, le lundi 26 janvier 2026, seront entendus le président du Front des forces socialistes et la présidente du Parti des travailleurs. Le même jour, une autre séance accueillera le président du Parti «Sawt Ecchaâb».
Le lendemain, seront conviés le président du Front des Jeunes démocrates pour la citoyenneté, et les présidents du Parti «Fadj El-Djadid», et du Parti «El-Karama». Le mercredi 28 janvier verra se succéder les auditions du président du Front national algérien, du président du Parti de la Liberté et de la Justice et du président du Front de la Bonne gouvernance. L’après-midi sera, quant à elle, consacrée aux présidents du Front de la justice et du développement, du Parti Jil Djadid, et du Front pour une Algérie nouvelle (FAN) .
Enfin, la matinée du 29 janvier 2026, viendra clore cette série d’auditions, dans la continuité de l’examen du projet de loi et de la poursuite des consultations avec l’ensemble des acteurs politiques.
Smail R.
