Les débats autour du projet de loi sur les partis politiques se sont poursuivis à l’Assemblée populaire nationale dans un climat globalement constructif.
Les présidents des groupes parlementaires ont, pour la plupart, salué l’initiative du gouvernement, tout en formulant des propositions visant à enrichir le texte et à en améliorer certaines dispositions.
Le projet a été apprécié pour sa démarche de concertation, le ministère de l’Intérieur ayant ouvert le processus aux propositions des formations politiques, ce qui traduit une volonté d’aboutir à un cadre juridique consensuel. Tout en exprimant leur soutien de principe, certains groupes ont proposé des ajustements, notamment concernant les conditions d’adhésion et les restrictions liées aux condamnations judiciaires, plaidant pour un encadrement proportionné, ciblé sur les infractions portant atteinte à la probité publique ou à la souveraineté de l’État.
Le groupe parlementaire du Mouvement El-Bina a affirmé qu’il soutiendrait le texte sous réserve de la prise en compte de ses amendements, appelant à un «texte rassembleur, sans vainqueur ni vaincu», garantissant une compétition politique loyale et faisant du peuple «l’arbitre ultime».
De son côté, le président du groupe parlementaire du Mouvement de la société pour la paix (MSP) a qualifié la révision de la loi de «rendez-vous important» pour la consolidation de la pratique démocratique. Il a rappelé que les lois régissant les partis constituent l’un des fondements du pluralisme politique et qu’elles encadrent la compétition dans un cadre démocratique authentique. Selon lui, l’Algérie dispose aujourd’hui d’une «opportunité historique» pour consolider une vie politique stable et renouveler ses élites.
Le MSP a notamment proposé de renforcer le rôle de l’État dans les différentes étapes de la vie des partis — de la création à la dissolution — afin de consacrer davantage l’État de droit. Sur la question du financement, le groupe a souligné la nécessité de lutter contre l’argent sale tout en assurant un soutien public régulier et équitable, fondé sur des critères objectifs tels que le nombre de sièges ou de voix obtenus lors des élections. Il a également appelé à relever le plafond des dons autorisés et à clarifier les règles applicables aux cotisations des élus.
Le MSP a insisté sur l’importance d’associer les partis au dialogue national permanent sur les grandes questions internes et externes, considérant qu’un parti politique n’est pas seulement une «machine électorale», mais une institution de formation, d’encadrement et de production d’idées. Le groupe a également souligné la nécessité de lutter contre le nomadisme politique, estimant que le mandat électif doit rester lié au programme et à la formation ayant reçu la confiance des électeurs.
Par ailleurs, le président du MSP a mis en garde contre toute concentration excessive de pouvoirs entre les mains de l’administration en matière de suspension ou de dissolution des partis, plaidant pour des garanties juridictionnelles renforcées afin de préserver les libertés publiques. «Nous ne légiférons pas uniquement pour le présent, mais pour les générations futures», a-t-il affirmé, estimant que la qualité de la loi sur les partis constituera un test réel de la volonté politique d’approfondir la réforme démocratique et de réconcilier durablement le citoyen avec l’action partisane.
Dans l’ensemble, les interventions ont mis en évidence une convergence sur les objectifs majeurs du projet : moralisation de la vie politique, renforcement de la démocratie interne des partis, transparence financière et stabilité institutionnelle. Si des ajustements techniques restent souhaités par certains groupes, l’esprit général des débats reflète une volonté partagée d’aboutir à un texte équilibré, capable de consolider le pluralisme et de renforcer la crédibilité de l’action partisane en Algérie.
I.K
