A la veille de la célébration, ce samedi, «des 35 ans de la création du Parti des Travailleurs (PT)», Mme Louisa Hanoune, a de nouveau appelé le Conseil de la Nation «à ne pas voter, en l’état, la réforme de la loi sur le mines». La responsable, qui a pris la parole au siège du parti à Alger, estime que le texte est «inutile» dans les circonstances actuelles et qu’il facilitera de surcroît les futures «pressions» étrangères sur le pays.
En effet, la première responsable du Parti des Travailleurs a expliqué à ses militants et sympathisants que la célébration des 35 ans du pari, devra être l’occasion d’une «évaluation profonde de l’action du parti», afin «d’être prêts pour les prochaines échéances électorales». Toutefois, le cœur du discours du Parti des Travailleurs reste inchangé, «axé sur la protection de la souveraineté du pays». Dans cette logique, la responsable a fortement critiqué le vote des députés de l’APN en faveur de la réforme de la loi sur les mines. Un texte qui s’apparente à une «atteinte à la souveraineté». Le PT devra «étudier les objectifs» et les raisons «du vote de la majorité des parlementaires de l’APN». «Pourquoi avoir choisi ce timing pour réformer cette loi ?» s’interroge Louisa Hanoune. Un projet de réforme, qui serait même en totale opposition avec la volonté clairement sociale de l’Etat, «son action en faveur des retraites, du pouvoir d’achat, du congé maternité, des salaires…». A cet égard, Louisa Hanoune exhorte le Conseil de la Nation à s’abstenir d’adopter le texte sans y apporter d’importantes modifications.
Approuver cette réforme de la loi sur l’exploitation minière serait «une porte ouverte à une probable mise en cause de la nationalisation des hydrocarbures, ou à la possibilité de l’État de nationaliser des entreprises de l’oligarchie», selon Louisa Hanoune. Par ailleurs, le contexte international est porteur de graves risques pour l’Algérie, souligne-t-elle. La responsable tient en effet pour preuve que les Etats-Unis veulent «forcer la normalisation des pays arabes avec l’entité», en réactivant le processus des «accords d’Abraham». L’envoyé spécial du Président Donald Trump, Steve Witkoff, lance la cheffe du PT, «a récemment affirmé que plusieurs pays arabes allaient normaliser leurs relations avec l’entité sioniste». Bien sûr, «il n’est même pas envisageable que l’Algérie participe à ce processus de normalisation, ni aujourd’hui, ni à long terme», se félicite Louisa Hanoune, mais «le pays doit anticiper, faire face à toutes les éventuelles pressions politiques».
Vers de nouvelles tensions au Moyen-Orient
Dans cette logique, le Parti des travailleurs met en garde. Il estime que les pays arabes et l’ensemble de la région sont à la veille d’une nouvelle période de tension. Les déclarations de l’envoyé américain indiquent en effet l’amorce d’une nouvelle politique opposée à la volonté des peuples de la région. La responsable du PT note, en effet, que toute nouvelle «démarches de normalisation» ne peut concerner que les pouvoirs politiques, et non les peuples, ce qui ouvre la voie à de nouvelles tensions internes aux conséquences imprévisibles. S. Witkoff, «a cité l’Arabie Saoudite, ou encore le Liban bien que le peuple libanais est fortement opposé à cela. Il a parlé du nouveau pouvoir syrien, ce qui ne serait pas étonnant, et il a également parlé de la Libye, nous estimons que (le maréchal) Khalifa Haftar signera, mais pas le pouvoir légale de Tripoli».
Or, toute réactivation du processus de normalisation dans le contexte actuel en Palestine est une forme de provocation, déclare en substances la cheffe du PT. Louisa Hanoune voit, en effet, les prémices «d’une situation épouvantable» pour la région. «Aujourd’hui, il est devenu impossible, même pour l’Arabie Saoudite, de conditionner la reconnaissance de l’entité à la création d’un Etat palestinien». La guerre contre «le peuple de la bande de Ghaza a rendu l’idée d’une solution à deux Etats illusoire. Elle est même techniquement impossible».
Nadir K.