Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a présenté, hier, le projet de loi portant règlement budgétaire de l’année 2023 devant la Commission des affaires économiques et financières du Conseil de la Nation.
Un événement significatif dans le cadre des réformes budgétaires entreprises par le gouvernement, particulièrement dans la mise en œuvre de la loi organique n° 18-15 régissant les lois de finances. L’un des points forts de cette présentation réside dans les chiffres impressionnants des recettes fiscales de l’année 2023. Selon Bouzred, les recettes totales ont atteint 9017 milliards de dinars, marquant une augmentation de 24 % par rapport à 2022.
Ces recettes se répartissent en recettes issues des impositions pour 7396 milliards de DA, dont 3856 milliards de DA au titre de la fiscalité pétrolière, tandis que les revenus des biens de l’Etat ont été estimés à près de 87 milliards de DA, en plus des bénéfices résultant des participations de l’Etat dans le secteur économique, qui ont atteint 1342 milliards de DA. Ces montants reflètent la solidité des revenus issus des hydrocarbures, qui restent un pilier central de l’économie algérienne.
Des dépenses maîtrisées mais ciblées
En ce qui concerne les dépenses, le budget de l’État pour 2023 a enregistré des dépenses totales de 10592 milliards de dinars. L’un des points importants soulignés par le ministre est 5339 milliards de DA ont été consacrés aux transferts, une mesure essentielle dans un contexte de soutien aux couches sociales les plus vulnérables. De plus, 3213 milliards de DA ont été consacrés aux dépenses de personnel, 1188 milliards de DA à l’investissement et 354 milliards de DA au fonctionnement des services.
Le taux de consommation du budget pour l’année 2023 a été estimé quant à lui, à 72% du total des dépenses prévues dans la loi de finances rectificative de la même année, tandis qu’au niveau des indicateurs économiques, un taux de croissance économique de 4,10 % a été enregistré en 2023. Un chiffre de croissance qui reflète non seulement une reprise après les périodes difficiles, mais aussi les résultats des réformes entreprises pour diversifier l’économie nationale, au-delà des seules recettes pétrolières.
Ce chiffre de croissance intervient dans un environnement de réformes économiques et fiscales profondes. Le gouvernement a engagé des mesures visant à stimuler les investissements étrangers et locaux, à renforcer le secteur privé et à rationaliser les dépenses publiques. Toutefois, des défis demeurent, notamment la nécessité de mieux intégrer les petites et moyennes entreprises (PME) dans le tissu économique national et d’améliorer l’efficacité du secteur public.
Vers une gestion plus transparente des finances publiques
Un autre aspect crucial de cette présentation a été la référence à la loi organique n° 18-15, qui encadre les lois de finances. Le ministre a souligné que l’adoption de cette loi marquait un tournant dans la gestion des finances publiques. Cette loi vise à renforcer la transparence, à améliorer le suivi de l’exécution budgétaire et à garantir une meilleure maîtrise des dépenses publiques.
Dans le même ordre d’idées, la Commission des affaires économiques et financières du Conseil de la Nation continue de travailler sur un rapport détaillé qui sera présenté en séance publique dans les prochains jours. Ce rapport devrait offrir une vue d’ensemble plus claire de l’évolution des finances publiques et des priorités économiques pour l’avenir.
R.E
