Depuis la wilaya de Tipaza, où il s’est exprimé hier matin devant les militants et sympathisants, le chef du MSP (Mouvement de la société pour la paix) a de nouveau appelé au vote « rapide » du projet de loi portant « criminalisation de la colonisation ».
Abdelaali Hassani Cherif, qui multiplie les sorties sur les terrains pour la célébration des 34 ans du parti, mais aussi « la commémoration des 22 ans de la disparition de Mahfoud Nahnah », estime que la « Oumma islamique » est plus que jamais menacée. La relance des accords d’Abraham par l’administration américaine est perçue par le MSP comme la marque d’un « un nouveau colonialisme ». Une volonté également de renforcer le « pillage des ressources naturelles » de la région.
En effet, plus qu’une nouvelle loi, le vote par la Représentation nationale d’un texte « criminalisant la colonisation » serait un véritable symbole, estime le président du MSP. Le « moment est venu pour mettre en œuvre une telle initiative », lance Abdelaali Hassani Cherif, ajoutant que « nous ne devons pas hésiter à criminaliser la colonisation » mais « aussi toute volonté de normalisation des relations avec l’entité sioniste ». Ainsi, le texte « est prêt », tout comme les élus du MSP pour le voter. « Nous avons une initiative, un projet de loi, en ce sens à l’APN. C’est une loi simple qui pourrait être votée en une journée, sans le moindre retard », estime-t-il. Le but est de « protéger notre indépendance », et de mettre en œuvre « le principe du MSP de ne jamais renoncer à arracher la reconnaissance, les excuses et le dédommagement» de la colonisation.
En plus de ce point, la « préservation de la souveraineté et de l’indépendance » du pays a été au cœur du discours d’Abdelaali Hassani Cherif. Ainsi, il met en garde contre une conjoncture géopolitique à très haut risque pour la région. Derrière « la relance des accords d’Abraham » se cache en effet, selon le chef du MSP, une volonté de nuire à l’Algérie. « Les pressions subis par des pays voisins pour normaliser leurs relations avec l’entité sionistes ne sont au final que des manœuvres pour faire pression sur l’Algérie », avance-t-il, du fait que « notre pays refuse de se soumettre au projet sioniste mondial ». « L’objectif pour eux ne concerne pas seulement la Palestine. Ils veulent diviser la Oumma Islamique, et mettre en œuvre le projet du grand Israël », argumente Abdelaali Hassani. Et ce « projet », ajoute le chef du MSP, est également économique, « afin de contrôler et piller des ressources naturelles de nos régions. Le sionisme n’est plus seulement géographique comme à ses débuts ».
Face à ces menaces, et au moment estime Abdelaali Hassani Cherif, où l’administration américaine œuvre ouvertement à la mise en œuvre du plan sioniste, le MSP appelle une nouvelle fois à « l’unité » de la classe politique, mais aussi a « répondre aux problématiques internes ». Une des voies pour « nous prémunir des menaces extérieures est d’apporter des réponses efficaces aux problèmes que nous avons. L’Algérie enregistre encore des lacunes, des manques au niveau politiques et économiques », clame-t-il. Il fait y répondre, sans quoi, pour le chef du MSP, « le pays sera fragilisé lorsqu’il devra faire face aux menaces » directes.
En ce sens, Abdelaali Hassani Cherif déclare qu’« il faut de véritables réformes politiques, économiques, sociales. C’est ainsi que nous pourrons immuniser et sanctuariser notre pays ». Et parmi les chantiers de réforme les plus urgents, le MSP place « les questions économiques». « Nos jeunes ne doivent plus vivre sous la menace du chômage, ils ne doivent plus penser à quitter le pays, ou avoir peur de la bureaucratie quand ils entreprennent», met-il en avant.
Nadir K.