L’Algérie s’est toujours érigée en terre d’accueil des mouvements anticoloniaux et révolutionnaires du monde entier.
« Les musulmans vont en pèlerinage à La Mecque, les chrétiens au Vatican et les mouvements de libération à Alger », résumait, dans les années 1970, Amilcar Cabral, le père du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert. Contrairement à certaines allégations, la donne n’est pas près de changer. «L’Algérie restera fidèle à ses principes authentiques appelant à défendre la vérité et au triomphe des opprimés, en tout temps et quel qu’en soit le prix», a réaffirmé le président de la République Abdelmadjid Tebboune. En effet, Alger s’apprête à abriter trois grands événements africains en cette fin de mois et début du mois de décembre prochain, après avoir accueilli, ce week-end, la première Conférence ministérielle africaine pour la souveraineté pharmaceutique, et la troisième édition de la Foire Commerciale Intra-africaine (IATF 2025), en septembre dernier. Trois événements à même de redessiner l’avenir du continent africain.
Reconnaissance et réparation
L’inflexibilité de l’Algérie sur les dossiers africains n’est plus à démontrer. Une position reflétant ses principes de défense des causes justes. L’Algérie a toujours appelé au triomphe des opprimés. Ce dimanche, ministres, juristes, historiens, universitaires et experts africains issus d’Afrique, de la Caraïbe, d’Amérique latine et d’Europe se donnent rendez-vous à Alger, «tribunal» du colonialisme en Afrique. Deux jours durant, se tiendra la conférence internationale consacrée aux crimes du colonialisme en Afrique sur le thème, « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers les réparations ». Une initiative revêtant une forte portée symbolique, tant l’Algérie ne cesse de rappeler que la mémoire, la reconnaissance et la réparation constituent des fondements essentiels d’un avenir africain affranchi des séquelles du passé. Par cette conférence, Alger entend contribuer à structurer une approche continentale ambitieuse : faire reconnaître le colonialisme, l’esclavage, la ségrégation raciale et l’apartheid comme des crimes contre l’humanité, conformément aux lignes directrices de l’Union africaine.
Le processus d’Oran
Les ministres des Affaires étrangères des pays africains sont attendus lundi et mardi à Alger à l’occasion de la tenue des travaux du 12e Séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique, dans le cadre du «Processus d’Oran». Cette édition se distinguera par une double participation de l’Algérie, d’une part, en tant que membre africain du Conseil de sécurité des Nations unies (A3), et d’autre part, en sa qualité de membre du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA). Cette session rassemblera les membres du CPS de l’UA, les membres africains actuels, entrants et sortants du Conseil de sécurité des Nations unies, dans le cadre du mécanisme connu sous le nom d’A3, les amis du séminaire, les représentants de la Commission de l’UA, de l’Organisation des Nations unies et les partenaires du Séminaire. Une occasion d’évaluer les acquis enregistrés jusque-là par les A3+ dans l’exécution de leur mandat, d’identifier les défis à relever, et d’examiner les voies et moyens les plus efficaces à l’effet de renforcer davantage le rôle des A3+. D’autant que le Manuel sur les modalités de renforcement de la coordination entre le CPS de l’UA et les membres africains du Conseil de sécurité des Nations unies, sera présenté lors de ce séminaire. Depuis sa création, la Conférence d’Oran a été une tribune pour la diplomatie africaine pour exposer une vision claire unie et unifiée dans l’intérêt de la sécurité et de la stabilité en Afrique, dans le cadre du processus décisionnel du Conseil de sécurité de l’ONU (CSNU).
Promouvoir les écosystèmes africains
Le troisième rendez-vous continental est prévu du 6 au 8 décembre prochain. L’Algérie abritera la quatrième édition de l’African Startup Conference. Un événement réunissant les entrepreneurs, les investisseurs et les décideurs politiques autour de l’innovation et de l’entrepreneuriat continental. L’objectif est de promouvoir les écosystèmes africains et de renforcer la coopération régionale en matière de technologies et d’investissement durable. Une occasion de mettre en avant le rôle pionnier de l’Algérie dans le domaine des technologies modernes sur le continent. Mettant le Rwanda à l’honneur, la manifestation verra la présence de 2500 participants.
C’est dire tout l’intérêt croissant des innovateurs africains pour cette plate-forme continentale et également du rôle de l’Algérie dans la stimulation de l’innovation et le développement d’un écosystème idoine pour les startups africaines.
Badis B.
