En attendant la restauration d’un dialogue efficace avec l’Algérie, comme le souhaite le président Macron, le retour, vendredi dernier, de l’ambassadeur Stéphane Romatet à Alger, qui a repris officiellement ses activités, ainsi que la venue de la ministre déléguée auprès de la ministre française des Armées et des Anciens combattants, Alice Rubio, pour participer à la commémoration des massacres du 8 mai 1945, constituent des signes positifs.
Une autre annonce concerne le retour imminent de nouveaux agents consulaires français ayant reçu les accréditations accordées par l’Algérie. Ces agents devraient rejoindre leurs postes très prochainement, ce qui permettra la délivrance d’un plus grand nombre de visas aux demandeurs algériens. La reprise de la coopération consulaire entre la France devrait ainsi mettre fin à la politique de réduction des visas pour la France appliquée depuis fin août 2025, dans un contexte de fortes tensions entre les deux pays.
L’ambassade de France à Alger avait annoncé une baisse de délivrance de visas en raison d’une «réduction significative» des effectifs dans les consulats de France à Alger, Oran et Annaba. Depuis cette date, les visas étaient délivrés au compte-gouttes à certaines catégories : renouvellement, familles de Français et étudiants.
Les primo-demandeurs de visas Schengen essuyaient des refus massifs. En 2025, les visas français délivrés aux Algériens ont connu une baisse de 18%, avec 204 248 visas accordés contre 250 085 en 2024, selon les chiffres de la DGEF de janvier 2026.
Cette réduction, qui faisait suite à une baisse de 14,5 % observée fin 2025, est liée à des contraintes techniques dans les consulats (réduction des effectifs). Les services se concentraient alors sur les renouvellements, les familles de Français et les visas d’études.
Reconduites à la frontière et coopération sur les OQTF
Un autre sujet controversé concerne la reconduction des OQTF. Le ministre de l’Intérieur français, Laurent Nuñez, qui était à Alger en février dernier, a assuré jeudi dernier que la coopération avec les autorités algériennes s’est «réamorcée».
Il souhaite désormais accélérer les expulsions, notamment via la mise en place de «vols groupés», confirmant ainsi la reprise des expulsions d’Algériens en situation irrégulière, et évoquant le chiffre de 140 reconduites depuis le début de l’année.
«Quand je suis allé en Algérie à la mi-février, nous n’avions aucun laissez-passer délivré depuis le début de l’année et nous avions fait quelques reconduites», a déclaré le ministre sur CNews-Europe 1 jeudi matin.
«Depuis ma visite en Algérie, c’est reparti. Nous avons eu 120 laissez-passer délivrés depuis, et hier, nous avons dépassé les 140 reconduites depuis le début de l’année. Évidemment, il faut faire mieux et plus, mais les choses se sont réamorcées», a-t-il ajouté. Interrogé sur le nombre de ressortissants algériens présents dans les centres de rétention administrative en France, le ministre a confirmé «un peu plus de 700 sur 2 000 places», soit environ 30 à 40 %.
Réaction de l’Association France-Algérie
Enfin, la présidente de l’Association France-Algérie, Ségolène Royale, a réagi au communiqué de l’Élysée en mettant en garde contre les «tentations des pyromanes». Mme Royale, qui vient de séjourner à Alger où elle a rencontré le journaliste, a dénoncé l’utilisation du nom de «Christophe Gleize dans un enjeu politique et un rapport de force, contre son gré et contre son intérêt».
Elle a précisé qu’«une décision de grâce présidentielle, librement décidée à sa demande et celle de sa mère, et que j’ai soutenue par écrit, peut le libérer». Elle rejette ainsi les méthodes fondées sur un rapport de force, qui «n’aboutissent à rien de concret».
«Toute exploitation politique est contre-productive et peut anéantir les efforts discrets, comme je l’avais expliqué à Laurent Nuñez, qui l’avait bien compris lors de sa visite réussie, car il n’avait agité aucune condition», a-t-elle encore rappelé.
H. Adryen
