Par S. M.
Il fallait bien un esprit comme celui de Vince McMahon pour confondre une arène de catch et une salle du Conseil de sécurité. L’homme, persuadé que le monde entier n’attend qu’un script WWE pour exister, aurait sérieusement caressé l’idée d’un coup de projecteur aussi absurde qu’historique : faire entrer Vladimir Poutine sur un ring américain. Rien que ça.
L’info ne sort pas des fantasmes des fans, mais de CJ Perry — ex-Lana — qui raconte, presque gênée, comment McMahon imaginait transformer la scène mondiale en décor de WrestleMania. Puisqu’elle jouait l’attachée de com’ pro-Kremlin du catcheur Rusev, pourquoi ne pas pousser le délire jusqu’à inviter le maître du Kremlin lui-même ? Dans l’esprit WWE, tout se vend, même une tension internationale.
Ce projet, qui tient plus du délire de mégalomane que d’un brainstorming créatif, a heureusement été stoppé par un rappel brutal du réel : l’entrée de Donald Trump à la Maison-Blanche, et la parano générale autour de la Russie. Ironie ultime : c’est l’ancien promoteur de WrestleMania devenu président qui aurait demandé d’arrêter les “histoires politiques”. Le spectacle oui, le scandale diplomatique non.
McMahon n’en est pas à son premier mariage bancal avec la géopolitique : la WWE adore jouer avec les clichés nationaux, les ennemis imaginaires, les drapeaux brandis pour chauffer la salle. Mais inviter un chef d’État nucléaire pour booster une storyline ? Là, même l’absurdité professionnelle a ses limites.
Aucun contact officiel, aucun début de négociation, juste l’ombre d’une idée trop ridicule pour être assumée. Mais elle dit tout : McMahon voulait un monde où la géopolitique fait du body-slam et où la propagande se vend en pay-per-view. Résultat : un fantasme de showman, étouffé par un minimum de bon sens.
Heureusement qu’entre les illusions de Vince et la scène internationale, il reste parfois un filet de réalité.
S. M.
