Le président de l’audience, le magistrat Hammiche Kamel, a annoncé le renvoi de l’affaire au 1er octobre prochain. Le procès de l’ancienne présidente de la Confédération générale des entrepreneurs algériens (CGEA), Saïda Neghza, devait initialement se tenir devant la première chambre pénale de la cour d’appel d’Alger. Mais la séance n’a finalement pas eu lieu en raison de l’absence de l’inculpée sur la liste des détenus transférés depuis la prison de Koléa. Saida Neghza Saïda, condamnée en première instance pour escroquerie et abus de confiance, purgera sa peine derrière les murs de la prison de Koléa.
Les magistrats ont précisé qu’elle comparaitra à l’avenir par visioconférence, son état de santé ne lui permettant pas d’assister physiquement aux audiences. Il faut rappeler que ses avocats avaient introduit une demande de liberté provisoire, invoquant une dégradation inquiétante de la santé de leur cliente depuis son incarcération le 9 juillet dernier. Mais les juges ont rejeté cette requête, considérant que les arguments médicaux avancés ne constituaient pas un motif valable. L’affaire dans laquelle est impliquée l’ex-présidente de la CGEA est directement liée à ce que la presse a qualifié de scandale du «parrainage électoral» lors de la présidentielle de 2024. Le tribunal de Sidi M’hamed, spécialisé dans les affaires de corruption et de malversations financières, l’avait condamnée à quatre ans de prison ferme assortis d’une amende d’un million de dinars. Le jour du verdict, elle avait été victime d’un malaise et transférée d’urgence à l’hôpital Mustapha-Pacha, à Alger, une heure seulement avant l’annonce de la décision.
Le parquet général près la cour d’Alger, représenté par El Orabi Tahar, avait requis une peine beaucoup plus lourde : dix ans de réclusion criminelle et une amende d’un million de dinars pour fraude électorale et octroi d’indus avantages. De son côté, le procureur de la République du tribunal de première instance avait requis huit ans de prison ferme contre les deux fils de l’accusée, poursuivis dans la même affaire. Lors du premier procès, la sentence avait déjà été sévère : dix ans de prison ferme infligés à Saida Neghza par le président de la troisième section du pôle économique et financier. Mais la prévenue avait contesté vigoureusement cette décision. Face à la présidente de l’audience, Mme Dahmani Naïma, l’ancienne patronne de la CGEA avait nié toutes les accusations et défendu les coïnculpés. «Aucun d’entre eux n’est concerné par cette affaire, ni de près ni de loin. Ils sont innocents des graves accusations portées contre eux lors de l’enquête préliminaire et de l’instruction», avait-elle affirmé.
En attendant le 1er octobre, Saïda Neghza reste donc détenue à Koléa. Elle devra patienter encore plusieurs mois pour connaître le verdict final que rendra la cour d’appel d’Alger, dernière étape de ce feuilleton judiciaire qui tient en haleine le monde économique et politique du pays.
R.H.
