Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre au Proche-Orient alors que le Premier ministre sioniste, Benyamin Netanyahou, a reçu mardi à Al Qods le chef des renseignements généraux égyptiens, le général Hassan Rachad, pour une réunion de haut niveau centrée sur le plan américain pour la bande de Ghaza.
Selon l’agence Reuters, citée par Al-Qahira Al-Ikhbariya, la rencontre a porté sur les efforts destinés à mettre en œuvre les dispositions du plan du président américain Donald Trump, notamment le renforcement du cessez-le-feu, la coordination de l’aide humanitaire et les mécanismes de reconstruction du territoire palestinien.
Le Caire au cœur de la médiation régionale
L’Égypte, qui joue depuis plusieurs mois un rôle de premier plan dans la médiation entre l’entité sioniste et les factions palestiniennes, s’emploie à consolider la trêve conclue début octobre sous l’égide de Washington.
Le général Hassan Rachad a rencontré l’entité sioniste dans le cadre d’une mission de suivi destinée à garantir la stabilité du cessez-le-feu et à prévenir tout nouvel embrasement.
Selon des sources diplomatiques citées par la presse égyptienne, Le Caire agit en étroite coordination avec les États-Unis et les Nations unies pour maintenir le fragile équilibre entre les impératifs sécuritaires de l’entité sioniste et les besoins humanitaires pressants de la population de Ghaza.
La visite du général égyptien intervient alors que le représentant spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, se trouve également à Al Qods pour des consultations avec les responsables sionistes.
Washington, qui a parrainé l’accord de cessez-le-feu du 10 octobre, tente d’en assurer la pérennité à travers un retrait progressif des troupes sionistes, un échange de prisonniers et l’entrée massive de l’aide humanitaire dans le territoire assiégé.
Selon le quotidien Washington Post, le vice-président américain J.D. Vance doit à son tour rencontrer Netanyahou dans les prochains jours afin d’aborder la phase suivante du plan Trump, incluant le déploiement d’une force multinationale à Ghaza et la démilitarisation du mouvement Hamas.
Un équilibre diplomatique délicat
Les discussions entre Netanyahou et Rachad se tiennent dans un contexte de forte tension politique à Tel-Aviv. Le Premier ministre sioniste fait face à des pressions internes l’appelant à durcir sa position vis-à-vis du Hamas, tandis que Washington et Le Caire plaident pour le maintien de la trêve et la poursuite du dialogue.
Des sources proches du dossier rapportent que les émissaires américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, ont insisté auprès du chef du gouvernement sioniste sur la nécessité de préserver les engagements pris dans le cadre de l’accord, tout en garantissant à l’entité sioniste son droit à la défense.
Selon la chaîne sioniste Canal 12, les discussions ont été franches et directes», Netanyahou réaffirmant sa volonté de ne pas compromettre la sécurité de l’entité sioniste, tout en reconnaissant «l’importance de la stabilité régionale».
Vers une relance du processus politique ?
Le déplacement du général Rachad s’inscrit également dans la volonté égyptienne de réactiver la coordination interpalestinienne et de préparer le terrain à une reprise des discussions politiques sous supervision internationale.
Des diplomates au Caire estiment que cette visite pourrait déboucher sur la mise en place d’un mécanisme conjoint de suivi du cessez-le-feu, associant l’Égypte, les États-Unis, le Qatar et l’Union européenne.
Cette initiative viserait à prévenir toute reprise des hostilités et à encourager la reconstruction de Ghaza, dont les infrastructures demeurent lourdement endommagées après des mois de bombardements.
Si aucune déclaration officielle n’a été publiée à l’issue de la rencontre entre Netanyahou et le chef des renseignements égyptiens, plusieurs observateurs y voient un signe positif de reprise du dialogue régional, alors que les équilibres diplomatiques autour du dossier palestinien demeurent fragiles et mouvants.
A.M.
