Après le Madleen, c’est au tour du Handala de prendre la mer, direction Ghaza. À son bord, des figures médiatiques et politiques. Moins d’un mois après la libération des geôles sionistes des derniers membres d’équipage du Madleen, la Coalition de la Flottille annonce le départ d’un nouveau navire qui tentera, lui aussi, de briser le blocus illégal de la bande de Ghaza par l’Etat sioniste, d’apporter de l’aide alimentaire et médicale aux Palestiniens, mais aussi de mettre les projecteurs sur le génocide en cours et sur la situation humanitaire catastrophique dans l’enclave.
L’ancien bateau de pêche norvégien reconverti en navire de solidarité pour Ghaza et baptisé Handala, a quitté le port sicilien de Syracuse (Italie), direction les côtes ghazaouies, hier 13 juillet. À bord, selon la coalition, se trouveront des avocats, des militants, des médecins bénévoles et des journalistes, ainsi qu’une aide humanitaire vitale et un message de solidarité de la part de personnes du monde entier refusant de se taire alors que Ghaza est affamée, bombardée et ensevelie sous les décombres. Le navire fera escale à Gallipoli le 18 juillet, sur la côte sud de l’Italie, où embarquera le reste de l’équipage, à l’instar des députés La France Insoumise (France) Gabrielle Cathala et Emma Fourreau. «C’est une mission pour les enfants de Ghaza, pour briser le blocus humanitaire et pour briser le silence estival sur le génocide», a confié Gabrielle Cathala. «J’espère qu’on va arriver jusqu’à Ghaza, mais si ce n’est pas le cas, ce sera une énième violation du droit international» par l’Etat sioniste, a-t-elle ajouté. À Gallipoli, le Handara chargera également du matériel et des provisions. Ensuite, départ pour les côtes palestiniennes à travers les mers grecques et turques, ce qui devrait leur prendre environ une semaine de traversée. Avant le départ, les premiers membres de l’équipage du mouvement pro-palestinien ont présenté leurs objectifs lors d’une conférence de presse tenue dans la matinée sur le pont du Handala. Au micro, l’activiste Huwaida Arraf a pointé l’inaction des gouvernements européens lors de l’abordage du Madleen par l’armée sioniste alors qu’ils étaient à 185 km des côtes palestiniennes. «La lâcheté et la complicité de ces gouvernements, face à la violation de la convention européenne, ne sont pas représentatives de la société civile mondiale», a martelé l’Américano-palestinienne.
Un bateau portant le même nom était déjà parti en septembre 2024 depuis Oslo. Mais aujourd’hui, la situation s’aggrave. Depuis le 18 mars 2025, date à laquelle l’Etat sioniste a rompu le cessez-le-feu, plus de 6 572 Palestiniens ont été tués, dont au moins 700 abattus alors qu’ils attendaient une distribution d’aide humanitaire. Cette aide est désormais gérée non plus par l’ONU, mais par le Gaza Humanitarian Foundation (GHF), structure contrôlée par les États-Unis et l’Etat sioniste. La FFC dénonce cette gestion comme «un piège mortel déguisé en programme d’aide, une structure de contrôle et de cruauté au service du génocide israélien». Il est fort probable que le Handara subisse le même sort que celui du Madleen qui avait été kidnappé par l’armée sioniste dans les eaux internationales. Reste que même si le navire et son équipage n’avaient pas réussi à percer le blocus et à acheminer l’aide humanitaire dont ils étaient chargés, l’initiative avait suscité un soutien populaire sans précédent. Elle est parvenue à susciter l’intérêt des médias, de la société civile et de nombreuses personnalités.
Le blocus illégal de la bande de Ghaza a été mis en lumière, et, surtout, les violations constantes par l’Etat sioniste du droit international ont été dénoncées. À la suite kidnapping du Madleen, la Rapporteuse spéciale de l’ONU Francesca Albanese a exhorté les ports méditerranéens à envoyer davantage de navires humanitaires, qualifiant les tentatives de briser le blocus sioniste de «devoir juridique pour les États et impératif moral pour tous».
Saïd S.