Le dossier judiciaire de l’ancien directeur général de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel, ainsi que celui de plusieurs membres de sa famille, vient d’être renvoyé par la Cour suprême devant la cour d’Alger.
Par Redouane Hannachi
Après cassation, il sera programmé par le greffe pour être examiné par l’une des trois chambres spécialisées dans les affaires de corruption et de malversations.
Inculpé et condamné dans plusieurs affaires de fraude et de corruption, l’ex-patron de la police algérienne devra de nouveau comparaître, dans les prochains mois, devant une juridiction autrement composée. Il sera notamment jugé pour des faits d’enrichissement illicite présumés, commis alors qu’il exerçait les plus hautes responsabilités dans l’appareil sécuritaire.
Anomalies
La Cour suprême a motivé sa décision de cassation par de nombreuses anomalies relevées lors des précédents procès. Selon les magistrats, les questions posées au cours des débats n’étaient pas suffisamment précises et les prévenus, Hamel et sa famille, n’avaient pas apporté d’explications claires quant aux biens mobiliers, aux avoirs bancaires en dinars et en devises, ni sur l’origine des fonds. Les justifications fournies avaient été jugées insuffisantes, faute de preuves matérielles.
Dès lors, la cour d’appel d’Alger devra se conformer aux directives de la chambre correctionnelle de la Cour suprême, qui a partiellement fait droit aux arguments développés par le collectif d’avocats de la défense.
Pour rappel, Abdelghani Hamel avait été condamné le 31 mai 2024 par la cour d’Alger, aux côtés de son épouse Annani Salima, de ses enfants (Amiar, Mourad Chafik et Chahinaz), ainsi que d’anciens hauts responsables. Tous avaient écopé de peines de prison ferme, malgré des circonstances atténuantes.
L’ancien DGSN avait ainsi été condamné à huit années de réclusion. Son fils aîné, Amiar, avait écopé de cinq ans de prison ferme ; Chafik, de quatre ans ; et Mourad, de trois ans. Sa fille Chahinaz avait été condamnée à 18 mois avec sursis, tandis que son épouse avait écopé d’une peine d’un an avec sursis.
Trafic d’influence
D’autres responsables avaient également été poursuivis dans le cadre de la même affaire : l’ex-directeur de l’OPGI de Hussein Dey, Mohamed Rehaimia, condamné à deux ans de prison ferme ; l’ancien wali d’Oran, Abdelghani Zaalene, ainsi que l’ex-directeur des domaines publics de Tipasa, Ali Bouamrane, condamnés chacun à un an ferme. Il est à signaler que la première audience après cassation pourrait être reportée, selon certains avocats de la défense. Parmi les principaux chefs d’inculpation retenus contre Hamel et ses proches figurent : trafic d’influence, abus d’autorité, enrichissement illicite, usage de faux, incitation d’agents administratifs au faux, ainsi que l’obtention de biens fonciers par des moyens illégaux.
R.H.
