Algérie presse service (APS), l’agence officielle, revient à la charge. Dans un commentaire au vitriol, elle fustige «certains partis» politiques, accusés de faire dans la «démagogie» érigée en «feuille de route» électorale en s’attaquant notamment à la diplomatie algérienne.
«Certains partis politiques ont sombré définitivement dans la faillite politique en raison de leur incapacité totale à présenter un programme au peuple algérien, faisant de la démagogie leur feuille de route pour amorcer une campagne électorale anticipée des prochaines législatives et locales», tranche l’APS sans toutefois les nommer. Elle les accuse même de «violer » la constitution et de s’acharner contre le président, garant de cette constitution. «L’un de ces partis surenchérit sur les positions internationales de l’Algérie», écrit l’APS, allusion sûrement au MSP qui avait ouvertement critiqué le vote par l’Algérie de la récente résolution américaine sur Ghaza. Ce qui , tranche l’APS, «est une violation flagrante de la Constitution qui attribue au président de la République l’exclusivité des prérogatives en matière de politique étrangère, que lui confère le mandat populaire dès son élection, le Président ayant présenté aux Algériens, à travers son programme, les principes fondamentaux de la diplomatie, les politiques et approches que l’Algérie adoptera concernant tous les dossiers internationaux d’actualité». L’atteinte à la politique étrangère «constitue un acharnement flagrant non contre le Président mais contre un pays que le Président incarne conformément à la Constitution», souligne l’agence qui n’omettra pas dans la foulée d’accuser un autre parti toujours sans le nommer, d’encourager la «fitna ». Au même moment où cela se produit, poursuit le commentaire de l’APS, «un autre parti politique fait de la démagogie sa nouvelle conception en prévision des prochaines échéances électorales locales et nationales».
Elle l’accuse ouvertement de présenter «les dispositions juridiques fondées sur les lois de la République, en matière de lutte contre le discours de la haine comme étant erronées ». Selon l’APS cette façon d’agir est « un indicateur dangereux quant au risque de ramener le peuple algérien à l’époque des rivalités et de la fitna (« discorde », notant un discours contradictoire puisque, précise la même source, ce parti a «dit son mot, à travers l’approbation par ses représentants au Parlement de la loi sur la lutte contre la haine entre Algériens, et certains de ces mêmes partis sont représentés au Parlement et ont voté en faveur de cette loi !» Face à cette «flagrante contradiction avec l’éthique politique, apparaît clairement l’intention de certains partis de manipuler la Justice et les lois de la République pour renouer avec les mauvais usages, le clientélisme et le régionalisme exécrable, définitivement révolus depuis le 12 décembre 2019», accuse encore une fois l’agence qui avait, rappelons-le pointé du doigt le 19 novembre, dans un autre commentaire, «certaines parties internes», qui se sont élevées contre la diplomatie algérienne. «Certaines parties internes se sont aujourd’hui élevées contre la diplomatie algérienne, critiquant la position que notre pays a adoptée face à la dernière résolution du Conseil de sécurité des Nations unies relative à la question palestinienne en général et à la situation humanitaire et sécuritaire dans la bande de Ghaza en particulier », avait alors noté le commentaire de l’APS.
«Une telle sortie, qui est en manque, dans sa forme comme dans son contenu, de bases objectives les plus élémentaires -pour ne pas dire du minimum de connaissance et de compréhension des mécanismes de l’action diplomatique- révèle, devant l’opinion publique nationale pleinement consciente de la constance du soutien algérien au peuple palestinien et à sa juste cause, la véritable nature des arrière-pensées et des desseins de ces parties », a commenté l’APS soupçonnant «une tentative exécrable d’instrumentaliser la politique extérieure du pays au service de calculs politiciens étriqués». L’agence avait également dénoncé «une manœuvre désespérée visant à exploiter une question qui relève des priorités fondamentales de la politique extérieure de notre pays, dans l’espoir d’en tirer des gains qui n’ont aucun lien, de près ou de loin, avec l’intérêt national».
Rappelant les tragédies des années 1990, l’Agence avait affirmé que «l’Etat national a pleinement recouvré ses forces et demeure souverain dans l’ensemble de ses décisions, guidé exclusivement par l’intérêt national et public». Un Etat national fort «ne peut se laisser dicter sa conduite par les caprices, les impulsions ou les velléités de quiconque », avait-elle averti.
A. I.
