Le ministre des finances a expliqué que les mesures proposées visent à soutenir une croissance durable, à renforcer les outils de financement et à améliorer l’efficacité de la gestion des ressources publiques.
Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a affirmé que le projet de loi de finances (PLF) 2026 consacre l’engagement de l’État à financer l’économie nationale à travers de grands investissements à caractère développemental, inscrits dans une vision renouvelée fondée sur la diversification et l’amélioration de la performance financière.
En répondant aux préoccupations des membres de la chambre haute du Parlement, Bouzred a expliqué que les mesures proposées visent à soutenir une croissance durable, à renforcer les outils de financement et à améliorer l’efficacité de la gestion des ressources publiques.
Il a rappelé que la dette publique a été orientée vers des projets considérés comme économiquement rentables. Les investissements colossaux réalisés ces dernières années dans le réseau électrique national ainsi que dans les stations de dessalement ont eu un impact direct sur le développement du pays et ont rendu possibles de nouveaux projets agricoles et industriels, notamment dans le Sud.
Le ministre a souligné que l’État a également relancé plusieurs initiatives stratégiques restées en suspens pendant des décennies, comme le projet du phosphate à l’Est ou encore le développement de Gara Djebilet et des infrastructures ferroviaires qui y sont liées. Ces projets, longtemps attendus, s’inscrivent désormais dans une chaîne économique intégrée que les pouvoirs publics s’efforcent de consolider.
Autosuffisance agricole : Un objectif majeur
Selon le membre de l’exécutif, l’autosuffisance en produits agricoles constitue l’un des objectifs majeurs du pays. Les wilayas du Sud ont bénéficié d’importants investissements publics, notamment en matière d’électricité, afin de créer un environnement propice à l’implantation d’investisseurs agricoles. Il a rappelé que, depuis 2020, l’État a entrepris le traitement de dossiers essentiels, comme celui des équipements du secteur de l’éducation, pour rattraper les retards accumulés au fil des années. Il a regretté que les politiques économiques précédentes n’aient pas suffisamment pris en compte les besoins en infrastructures destinées à soutenir l’investissement et la production.
Ces efforts financiers ont permis d’obtenir des résultats concrets, perceptibles pour la population, notamment en matière de niveau de vie, a affirmé le ministre, tout en précisant que le niveau actuel de la dette interne demeure sous contrôle. Les performances enregistrées dans les secteurs hors hydrocarbures, tels que le bâtiment, l’agriculture ou encore l’industrie -qui a enregistré une croissance de 6 % l’an dernier- témoignent, selon lui, de la progression réelle de l’économie algérienne vers une diversification effective, en contraste avec la croissance limitée du secteur des hydrocarbures, établie à seulement 0,3 %.
Évoquant la disposition relative aux dépenses imprévues, le ministre a expliqué qu’il s’agit d’un mécanisme permettant d’agir rapidement en cas d’urgence, sans recourir systématiquement à une loi de finances complémentaire, garantissant ainsi une meilleure continuité de la gestion publique. Il a également précisé que la possibilité pour l’État de prélever une part des bénéfices des entreprises publiques ne concerne que les sociétés bénéficiaires et financièrement saines, le Trésor étant habilité à percevoir des dividendes après déduction des charges.
Bouzred est également revenu sur le rôle du Fonds de régulation des recettes, dont les ressources ont été mobilisées pour couvrir les dépenses de l’État et rembourser une partie de la dette, conformément à la vocation initiale de ce mécanisme.
Sur le volet de la numérisation, il a fait état de progrès notables dans la gestion des Domaines, des impôts et des douanes. Il a annoncé que le projet de numérisation des administrations des Domaines, du cadastre et de la conservation foncière sera achevé d’ici la fin de l’année et généralisé progressivement. L’année 2026 verra le lancement du registre foncier électronique, tandis que le nouveau système de gestion des dossiers fiscaux, destiné à 2,6 millions de contribuables, deviendra opérationnel dans les wilayas avant la fin de l’année en cours. Parallèlement, un nouveau système d’information dédié à la Trésorerie et à la gestion budgétaire est en phase de test, avec une première mise en service prévue en 2026.
S’agissant du commerce de troc dans les wilayas du Sud, Abdelkrim Bouzred a insisté sur son importance économique et indiqué qu’une révision de son cadre juridique est en cours. Il a également affirmé que la nouvelle réglementation des marchés publics destinée aux régions du Sud prendra en compte les propositions visant à lever les obstacles administratifs et à accélérer la concrétisation des projets. Le projet de décret exécutif sera prochainement présenté au gouvernement, a-t-il précisé, tout en insistant sur la nécessité de respecter les délais de réalisation au niveau local pour garantir l’efficacité des investissements publics.
Le texte du projet de loi de finances pour 2026 sera soumis au vote aujourd’hui lors d’une séance plénière du Conseil de la Nation.
Islam K.
