Alors que de nombreux éditorialistes sionistes ont salué avec emphase le plan américain censé mettre fin à la guerre dans la bande de Ghaza, une voix discordante s’est élevée dans les colonnes du quotidien Haaretz.
Le journaliste Jack Khoury, spécialiste des affaires arabes et palestiniennes, a livré une analyse sévère de la proposition de Donald Trump. Selon lui, derrière le discours de paix affiché par le président américain, se cache en réalité une mise en demeure adressée aux Palestiniens : choisir entre une occupation «douce» ou une occupation brutale. Une alternative qu’il juge illusoire, car privée de tout horizon politique. L’initiative, présentée comme un cessez-le-feu et une sortie de crise, place surtout le Hamas devant une équation périlleuse, la plus difficile depuis sa création. Soit le mouvement accepte ce que Khoury appelle un «accord de capitulation», en livrant son dernier atout, les prisonniers sionistes, contre la promesse vague d’un retrait et d’une présence internationale transitoire. Soit il rejette le plan et s’expose à voir l’occupant sioniste, avec l’aval de Washington, justifier une reprise du contrôle total de Ghaza «jusqu’à nouvel ordre», au prix de nouvelles pertes humaines et d’une destruction accrue du territoire.
Une formule sans garanties concrètes
Le texte critique le plan Trump, jugé vide de calendrier, de mécanismes d’application et de garanties, et perçu comme une manœuvre pour freiner la reconnaissance d’un État palestinien. Mahmoud Mardawi du Hamas le qualifie de formule superficielle sous contrôle sioniste. Jack Khoury rappelle que, depuis Oslo jusqu’au retrait de 2005, les promesses n’ont jamais été tenues. Le plan se réduit, selon lui, à un chantage cynique sur les otages, sans offrir de vision politique ni de perspective d’État palestinien, tandis que Netanyahou refuse toujours cette option, avec la complaisance de Washington.
Une impasse habillée en projet de paix
Khoury voit dans le plan Trump un habillage narcissique d’accords déjà existants, rédigés sur mesure pour satisfaire l’entité sioniste et ses alliés, mais dépourvus d’une véritable vision. Il n’y décèle qu’un processus fondé sur l’argent, la promesse d’investissements ou d’aides, sans contenu politique crédible. Au bout du compte, dit-il, le choix imposé aux Palestiniens se résume à une alternative dramatique : accepter une tutelle étrangère mal définie ou se préparer à subir une occupation totale, brutale et sans horizon.
Le passage souligne que, contrairement à la presse sioniste majoritairement favorable, un jugement critique rappelle que le plan Trump ignore les aspirations palestiniennes. En imposant un choix impossible au Hamas et en écartant une véritable issue politique, il ne constitue pas une solution de paix mais une nouvelle impasse dans un processus jalonné d’échecs.
A.M.