La Coupe d’Afrique des Nations continentale aborde un tournant majeur de la compétition avec en jeu les derniers billets pour les huitièmes de finale.
Clap de fin pour la 2e journée de la phase de poules de la Coupe d’Afrique des Nations.
Le Maroc, pays-hôte, et le Sénégal, les deux favoris de la CAN 2025, devaient valider leur qualification pour les huitièmes de finale, tandis que l’Égypte, le Nigeria, déjà qualifiés, vont pouvoir faire tourner lors de la troisième et dernière journée de la phase de groupes qui a débuté hier. L’Algérie qui s’est imposée (1-0) contre le Burkina Faso dimanche, a rejoint les Pharaons et les Super Eagles parmi les équipes qualifiées dès la deuxième journée, assurées de terminer première de leur groupe.
La Côte d’Ivoire, tenante du titre, et le Cameroun, en quête d’ordre dans sa tanière, se sont neutralisés (1-1) dimanche soir. Mais leur match nul a fait une victime, le Gabon, premier éliminé, après sa défaite face au Mozambique (3-2).
À l’issue de la phase de groupes, demain, les quatre meilleurs troisièmes des six poules rallieront aussi les huitièmes, ce qui laisse une marge importante pour les favoris qui ont manqué leur début.
Ainsi, malgré une victoire et deux cinglantes défaites en 2023, la Côte d’Ivoire s’était qualifiée in extremis pour la phase finale en tant que quatrième meilleur troisième pour finalement s’imposer chez elle en montant en puissance durant les matches à élimination directe.
Grâce à sa victoire inaugurale face aux Comores 2-0, puis à son match nul contre le Mali 1-1, le Maroc, grand favori de la compétition, n’a besoin que d’un nouveau match nul face à la Zambie lundi pour terminer premier de son groupe, à condition tout de même que le Mali ne s’impose pas avec plus de deux buts d’écart contre les Comores.
Le Maroc, cahin-cahin
Même une défaite ne priverait pas les Lions de l’Atlas de la première place de leur groupe si le Mali et les Comores faisaient match nul. Mais tout le monde au Royaume attend une victoire des hommes de Walid Regragui. Le sélectionneur a une pression énorme sur les épaules, qui s’intensifie après les débuts cahin-caha de son équipe et dont le salut passe par une victoire finale à Rabat le 18 janvier. Pour calmer la fronde montante, Regragui, qui ne dévie pas de ses idées et de ses choix, va enfin lancer Achraf Hakimi, son capitaine, blessé depuis le 4 novembre et « prêt à jouer », mais qui a été préservé lors des deux premiers matches.
Le Sénégal dans le doute
Si les Lions de la Teranga ont impressionné lors de leur victoire inaugurale face au Botswana (3-0), ils ont dû batailler pour arracher un nul (1-1) face à la République démocratique du Congo avec qui ils partagent la tête du groupe D avec quatre points. Le Sénégal doit désormais battre le Bénin mardi à Tanger et espérer un accroc de la RDC face au Botswana pour assurer la première place du groupe. Il dispose néanmoins grâce à ses trois buts lors du premier match d’un peu d’avance à la différence de buts, le deuxième critère pour départager deux équipes après leur résultat en confrontation directe. Dans le groupe D, la deuxième place est la moins enviable puisqu’elle fait croiser le fer en huitièmes avec le premier du groupe E, l’Algérie.
Tournée d’effectifs
L’Égypte de Mohamed Salah, poussive, et le Nigeria de Victor Osimhen, qui s’est fait peur en fin de rencontre face à la Tunisie (3-2), peuvent voir venir: ces deux équipes sont déjà qualifiées et assurées de terminer premières de leur groupe, après deux victoires en deux matches, combinées au match nul de leur dernier adversaire respectif, l’Angola pour l’Égypte et l’Ouganda pour le Nigeria. Hossam Hassan, le sélectionneur des Pharaons, et Eric Chelle, celui des Super Eagles, vont donc pouvoir faire tourner leur effectif en attendant de connaître l’identité de leur adversaire en huitième, un troisième de groupe dans les deux cas.
L’Afrique du Sud, pas vernie par l’arbitrage face à l’Égypte (1-0) et la Tunisie, qui s’est réveillée trop tard contre le Nigeria, n’ont pourtant pas hypothéqué leurs chances grâce leur victoire lors de leur première rencontre. Probables deuxièmes de leur groupe, respectivement le B et le C, elles croiseront le fer avec un autre deuxième de groupe, celui du Cameroun et de la Côte d’Ivoire pour les Bafana Bafana, celui du Maroc et du Mali pour les Aigles de Carthage.
Les règles de qualifications
Avec trois points après deux journées, le Bénin pourrait bien faire partie des meilleurs troisièmes repêchés pour la phase finale de la CAN 2025.
C’est évidemment l’objectif pour les favoris de la CAN-2025 comme le Maroc, le Sénégal ou l’Égypte : terminer dans les deux premières place de leur groupe pour accéder directement à la phase finale de la compétition. Douze places sont ainsi réparties pour les deux premiers de chacun des six groupes, dont trois ont déjà été attribuées à l’issue de la deuxième journée à l’Égypte, au Nigeria et à l’Algérie.
Mais même les équipes plus modestes, ou celles qui ont loupé leur entame de compétition, ont intérêt à performer jusqu’au bout de la troisième et dernière journée. Pour cause, les quatre meilleurs troisièmes obtiennent, eux-aussi, un ticket pour les huitièmes de finale. Au total ce sont donc 16 équipes qui s’affrontent lors de la phase finale, depuis le passage de la CAN à 24 équipes en 2019, contre 16 auparavant.
Pour déterminer les meilleurs troisièmes, le premier critère est évidemment le nombre de points obtenus lors de la phase de groupe. A noter que depuis la mise en place de ces repêchages, aucune équipe avec 4 points n’a été éliminée.
Comme plus de quatre équipes pourraient se retrouver avec le même total de points, plusieurs critères s’appliquent selon le règlement intérieur de la compétition. La CAF privilégie d’abord la meilleure différence de buts générale. Si cela ne suffit pas à les départager, c’est le nombre de buts marqués qui permet de trancher.
Au tirage au sort
Si, à l’issue de l’ensemble de ces critères, deux équipes affichent exactement les mêmes caractéristiques, la commission d’organisation de la CAF tranche en tirant une équipe au sort. Ce cas de figure n’est encore jamais arrivé à la CAN. Et contrairement à d’autres compétitions internationales, régies par la Fifa, le classement du fair-play (cartons jaune et rouges) n’entre pas en compte à la CAN pour départager les ex-aequo.
La Coupe d’Afrique des nations est un tournoi long, et peut réserver son lot de surprises avec ce système de repêchage. La Côte d’Ivoire, tenante du titre, est bien placée pour le savoir. En 2023, les Éléphants, alors entraînés par Jean-Louis Gasset, terminent la phase de groupe avec un bilan d’une victoire pour deux défaites, dont une humiliation (4-0) contre la Guinée équatoriale, qui entraîne la démission du coach français et de son adjoint Ghislain Printant. Repêchée parmi les quatre meilleurs troisièmes, malgré seulement trois points, la Côte d’Ivoire monte ensuite en puissance sous l’impulsion de son nouveau coach Emerse Faé, et finit par remporter la CAN 2023 en battant le Nigéria en finale (2-1).
Cette année, à l’issue des deux premières journées de la phase de groupe, le classement virtuel des meilleurs troisièmes qualifierait le Mozambique, le Bénin, le Soudan et la Zambie. Mais le dernier match de poules pourrait rebattre les cartes.
R.S
