Depuis plus d’un mois, la connexion internet joue de mauvais tours aux utilisateurs à travers tout le territoire national.
Ces derniers jours, les réseaux sociaux regorgent de témoignages d’abonnés mécontents d’AT. L’entreprise Algérie Télécom est restée muette à ce propos. Les abonnés font face à un constat amer : débits en chute libre, latence élevée et micro coupures à répétition.
Face à une vague de mécontentement grandissante des internautes depuis le début de l’année, le ministre des Postes et Télécommunications, Sid Ali Zerrouki a pris la parole devant l’Assemblée populaire nationale jeudi dernier pour tenter une réponse peu convaincante aux yeux de beaucoup de personnes. Selon Zerrouki, les dysfonctionnements actuels sont directement liés aux fournisseurs étrangers d’interconnexion.
«L’Algérie dispose aujourd’hui des capacités nécessaires pour assurer un internet de qualité», a ajouté le ministre, rappelant que la capacité de la bande passante internationale a fait un bond spectaculaire, passant de 1,5 Tbit/s en 2020 à plus de 12 Tbit/s aujourd’hui. Après avoir échangé avec les partenaires internationaux concernés, il a annoncé avoir reçu des «garanties formelles» et un «rétablissement progressif» du service attendu d’ici la semaine prochaine, sous réserve que les engagements techniques des prestataires étrangers soient respectés.
D’autres raisons techniques n’ont pas été évoquées par le ministre à savoir la vétusté de l’infrastructure.
Infrastructures dépassées
En effet, les infrastructures internet d’Algérie Télécom (AT) sont souvent perçues comme dépassées, entraînant de fréquentes plaintes d’abonnés pour des débits lents, des coupures et une mauvaise qualité de service, malgré les efforts pour développer la fibre optique et le lancement de la 5G, car le réseau fixe ADSL/fibre souffre d’un manque d’investissement et d’une saturation face à la demande croissante.
Les usagers dénoncent un manque de modernisation et une infrastructure nationale insuffisante pour gérer le trafic, bien que l’Algérie se classe bien en nombre d’abonnés.
Ces insuffisances sont multiples : chute drastique des débits, saturation surtout en ADSL, et coupures inexpliquées, malgré les offres de fibre. Le réseau fixe manque cruellement d’infrastructures d’hébergement et de modernisation, nécessitant des investissements importants pour améliorer la boucle nationale. La demande explose, mais l’infrastructure peine à suivre, causant des ralentissements.
Le secteur est en tension entre des infrastructures vieillissantes et une demande croissante, forçant AT à des améliorations ponctuelles tout en cherchant des solutions de fond pour moderniser son réseau.
Le représentant du gouvernement a réaffirmé que l’objectif est la généralisation de la fibre optique (FTTH) sur l’ensemble du territoire national d’ici le début de l’année 2027. Ce chantier titanesque vise deux objectifs : désenclaver les zones d’habitation reculées et booster la compétitivité des pôles d’activités économiques grâce au très haut débit.
Le ministre n’a pas épargné les opérateurs de téléphonie mobile leur rappelant leurs obligations inscrites dans leurs cahiers des charges. Il a insisté sur la nécessité d’améliorer la couverture réseau sur les axes routiers nationaux, souvent marqués par des zones d’ombre persistantes. Une semaine auparavant, il a présenté devant l’Assemblée nationale, face à la demande croissante d’internet haut débit, un panorama des initiatives en cours et à venir pour consolider les capacités du pays et diversifier ses connexions.
Optimiser les capacités existantes
L’Algérie s’appuie aujourd’hui sur plusieurs systèmes de câbles sous-marins pour se connecter à l’Internet mondial, dont SEA-ME-WE 4, MADA-X, ORVAL (Oran-Valence) et ALVAL (Algérie-Valence), auxquels s’ajoute un câble Algérie/Palma. Selon Zerrouki, le développement de ces infrastructures a permis d’augmenter la bande passante internationale de manière spectaculaire : «la capacité équipée est passée de 1,5 Tbit/s au début de 2020 à plus de 12 Tbit/s actuellement, soit près de 7 fois plus en cinq ans».
Parmi les projets en cours : Le système de câble MEDUSA, dont l’entrée en service est prévue début 2028, destiné à accroître la connectivité et la fiabilité des communications, l’extension du câble MADEX, opérationnelle jusqu’en juin prochain, qui permettra d’optimiser les capacités existantes, la couverture nationale en fibre optique, programmée pour être achevée d’ici le deuxième trimestre 2027, garantissant un accès haut débit sur l’ensemble du territoire.
La modernisation des câbles sous-marins et la couverture complète en fibre optique marquent des étapes décisives dans la transformation numérique du pays.
M.T.
