Les milieux politiques et partisans en Algérie guettent le lancement du dialogue national inclusif pour le premier trimestre de cette nouvelle année, parallèlement à l’adoption de la nouvelle loi sur les partis politiques, comme l’a annoncé le président de la République Abdelmadjid Tebboune, dans son discours prononcé devant les membres de deux chambres parlementaires réunis réuni en congrès au Palais des nations, à Club des Pins à Alger.
Un engagement présidentiel
Ce dialogue constitue, depuis plus d’un an, l’un des engagements du Président Tebboune après sa réélection en 2024, alors que les partis politiques s’interrogent sur les contours de la prochaine étape.
Dans son dernier discours devant le Parlement, Tebboune a renouvelé son engagement explicite à organiser ce dialogue, déclarant à ce sujet que « depuis mon élection, j’ai pris l’engagement de lancer un dialogue politique avec les partis, engagement que je maintiens fermement. Comme je l’ai rappelé aux responsables des formations politiques que j’ai rencontrés».
Le président algérien a précisé que le lancement effectif de ce dialogue interviendra « une fois que le Parlement aura adopté la loi sur les partis », estimant que cette condition constitue le cadre juridique nécessaire à l’ouverture du débat politique avec les formations partisanes.
Il a souligné que le dialogue national « sera constructif », affirmant son engagement à « mettre en œuvre et à appliquer pleinement toutes conclusions qui feront consensus avec eux dans le cadre de ce dialogue».
Poursuite des réformes
Le Président Tebboune a lié le dialogue politique au processus de réformes, dont il a réaffirmé la poursuite, et que « ni les difficultés ni les tentatives de déstabilisation, d’où qu’elles viennent, ne nous détourneront de nos objectifs».
Dans son discours, le chef de l’Etat a insisté sur la poursuite du processus de réformes dans l’ensemble des secteurs, en vue de concrétiser les programmes de développement social et de répondre aux besoins fondamentaux des citoyens. Il a souligné que ces réformes s’inscrivent dans une démarche visant à renforcer l’efficacité de l’action publique, la transparence dans la gestion et la consolidation des principes de bonne gouvernance, «au service du peuple et dans son intérêt exclusif», précisant que leur objectif est de « garantir l’efficacité et la transparence, d’ancrer les règles de la bonne gouvernance par et pour le peuple, et de lutter contre la corruption».
Indépendance et efficacité de la Justice
Dans ce contexte, Tebboune a réitéré que « la justice sera intraitable contre toutes les formes de corruption et de manquements professionnels, affirmant que la justice «sera intraitable à l’égard de toute dérive», tout en garantissant la protection des cadres et fonctionnaires intègres de l’État.
A cet égard, il a rappelé la révision du statut fondamental de la magistrature, inscrite dans le cadre des engagements pris en faveur des femmes et des hommes du secteur de la justice, et destinée à renforcer l’indépendance et l’efficacité de l’institution judiciaire.
Restructuration des partis
Par ailleurs, le législateur s’oriente vers l’instauration d’une limitation de la durée de direction des partis politiques qui sera fixée à cinq ans renouvelables une seule fois. Cette mesure figure dans l’avant-projet de la loi organique relative aux partis politiques, approuvé lors du dernier Conseil des ministres et dont l’examen par le Parlement est attendu dans les prochains jours, rapporte le quotidien arabophone « El Khabar» qui relève que le texte de loi, comprenant 95 articles répartis en sept chapitres, encadre l’organisation des instances nationales des partis politiques ainsi que plusieurs aspects de l’activité partisane, y compris des dispositions pénales définissant les sanctions applicables.
Les rédacteurs du texte estiment toutefois que l’alternance à la tête des partis constitue une traduction concrète du « principe de l’alternance démocratique dans l’organisation et la gestion du parti », condition essentielle pour en faire un acteur intégré, participatif et efficace de la vie politique, ajoute la même source.
«Ainsi, l’article 37 de l’avant-projet stipule que chaque parti politique doit disposer d’un organe délibératif et d’un organe exécutif chargés de sa direction au niveau national. Les membres de ces deux instances sont élus pour un mandat de cinq ans au maximum, renouvelable une seule fois de manière consécutive», lit-on. Cette réforme permettra de « renforcer la transparence dans la gestion financière des formations politiques afin de lutter contre toutes les formes de corruption dans la vie politique».
Le projet introduit également plusieurs amendements à la législation en vigueur, notamment l’interdiction du « nomadisme politique », considéré comme portant atteinte à la crédibilité de l’action politique. Cette disposition s’inscrit dans le prolongement des nouvelles règles constitutionnelles qui interdisent désormais à tout élu exerçant un mandat parlementaire de changer d’appartenance politique en cours de mandat, sous peine de déchéance.
R.N.
