La formation est un pilier essentiel dans le processus de numérisation.
L’état d’avancement de la numérisation en Algérie fait qu’aujourd’hui le pays dispose des bases nécessaires pour réussir sa transformation. C’est sur quoi ont été unanimes, hier, les invités de l’émission «Débat Politique» de la Chaine 3 de la radio nationale.
Selon Hacène Derrar, Maître de conférences à l’École nationale supérieure de management, beaucoup d’efforts ont été consenti par l’Etat tant sur le plan législatif que sur le plan de formation et d’investissement en matière d’infrastructure. Il a rappelé, à cet égard, l’implication du président de la République qui, à chaque intervention, met en avant l’importance de la numérisation.
Récemment, le président a insisté auprès de tous les membres du Gouvernement sur la nécessité de former au sein de leurs services respectifs, des équipes techniques chargées de la mise à jour quotidienne des données intégrées dans la base de données nationale afin de permettre une lecture précise et fiable par les services appelés à les exploiter. Une action importante, a-t-il estimé, d’autant que la donnée est un actif stratégique pour pouvoir élaborer des politiques publics cohérentes, a-t-il ajouté.
De son côté, Abdelmalik Bachir, directeur de l’école nationale supérieure en intelligence artificielle, Pôle technologique Sidi Abdellah, a souligné que la formation est un pilier essentiel dans le processus de numérisation et sur ce point, il a affirmé que le pays est préparé en termes de ressources humaines.
Selon lui, les formations dispensées dans l’école qui n’ont rien à envier aux grandes écoles internationales, permettent d’être à la pointe. Outre la formation, il est impératif de développer nos propres outils et technologie.
Préserver la souveraineté nationale
Les data-centers sont au cœur de la préservation de la souveraineté nationale. L’expert a estimé que dans un monde globalisé il n’est pas envisagé de se couper du monde.
Mais, concernant, justement, les data-centers, il faut faire en sorte de minimiser leur localisation à l’extérieur. D’autant que leur caractère énergivore nous offre un avantage dans le domaine pour devenir un acteur pour l’hébergement de données dans la région. Abordant la question de la cybercriminalité, un aspect important qu’il faut appréhender sérieusement, Hacène Derrar a indiqué que la première menace est la désinformation.
La parade, selon lui, est, outre la sensibilisation du citoyen, la mise en œuvre de tous ce qui a été mis en place pour lutter contre la cybercriminalité. Concernant la monétisation de cette numérisation, les invités de la Radio chaine 3 ont plaidé pour l’encouragement de l’écosystème des start-ups et de l’innovation.
La monétisation c’est aussi toutes économies faites grâce la fiabilité des données. La numérisation ne doit pas se contenter d’améliorer la gouvernance mais doit également intervenir dans la performance de l’économie, à l’exemple de ce qui se fait en agriculture. La numérisation en Algérie est au cœur d’une transformation profonde, encadrée par la stratégie nationale «Algérie Numérique 2030».
Cette feuille de route vise à moderniser l’Etat, diversifier l’économie et renforcer la souveraineté technologique. Abdelmalik Bachir a indiqué que l’université, la bonne gouvernance, les entreprises et les start-ups sont les éléments nécessaires pour la réussite de la numérisation. Créer cet écosystème nous rendra moins dépendant des géants internationaux. Pour Hacène Derrar, la volonté politique est là. Maintenant, il faut travailler ensemble autour de projets concrets impliquant tous les acteurs de l’écosystème.
En conclusion, il a affirmé que l’Etat a investi et il faut aujourd’hui voir le fruit de cet investissement avec en ligne de mire l’objectif d’atteindre, d’ici 2030, les 20% d’intégration de l’économie numérique dans le PIB.
R.N
