« Il n’existe ni sécurité ni stabilité en dehors du respect du droit international et de la Charte des Nations unies. », a affirmé le MAE.
Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a multiplié cette semaine à New York les interventions de haut niveau, portant la voix de l’Algérie sur deux dossiers majeurs de l’agenda international : la réforme de la gouvernance multilatérale au sein de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), et la promotion du droit au développement à l’occasion du 40e anniversaire de la Déclaration onusienne qui le consacre.
La concertation islamique, plus que jamais nécessaire
Devant la réunion des ministres des Affaires étrangères des États membres de l’OCI, Attaf a dressé le constat d’un contexte international « extrêmement délicat », marqué par l’accélération des mutations, l’aggravation des crises et la multiplication des défis auxquels sont confrontés les pays et les peuples membres de l’Organisation. Une conjoncture qui exige, selon lui, plus que jamais, un renforcement de la concertation et de la coordination entre les États membres, ainsi qu’une unification des positions et une rationalisation de l’action collective.
Face à cette responsabilité historique, le chef de la diplomatie algérienne a appelé à transformer l’OCI en un instrument « plus efficace, plus capable d’initiative et d’influence », au service des intérêts des pays membres et des causes de leurs peuples. Il a articulé son propos autour de trois priorités majeures.
D’abord, l’attachement indéfectible au multilatéralisme et à la primauté du droit international. Les développements récents, a-t-il rappelé, ont démontré qu’il n’existe ni sécurité ni stabilité en dehors du respect du droit international et de la Charte des Nations unies. Un devoir s’impose donc : défendre un ordre international juste et équilibré, loin de la sélectivité et de la politique du double standard.
Ensuite, la poursuite sans relâche de l’action en faveur de la Palestine et d’Al-Qods, fondement historique de l’OCI depuis sa création. Cette responsabilité, a-t-il insisté, demeure entière et devient même chaque jour plus pressante, appelant à activer tous les leviers politiques, diplomatiques et juridiques susceptibles de consacrer les droits légitimes du peuple palestinien et de faire progresser la solution à deux États.
Enfin, le renforcement du poids collectif de l’Organisation sur la scène internationale, par l’unification des positions, l’intensification de la coordination et la construction de partenariats élargis avec les autres regroupements régionaux et internationaux. Une étape, a-t-il averti, qui ne tolère ni dispersion des positions ni calculs étroits, mais exige clarté, unité et capacité à traduire la solidarité en actes concrets.
Le ministre a réaffirmé que l’Algérie demeurerait fidèle à ses engagements et à ses principes constants, poursuivant son soutien à l’action islamique commune au service de la sécurité, de la stabilité, de la solidarité et de la cohésion au sein de la Nation islamique.
Le droit au développement, une urgence renouvelée
Le même jour, Attaf a pris part à la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies célébrant les quarante ans de la Déclaration sur le droit au développement, adoptée en 1986. Il a souligné que ce droit fondamental revêt une importance renouvelée face à la persistance de la pauvreté, à l’aggravation des disparités, au poids croissant de la dette et à la multiplication des crises affectant l’ordre économique mondial.
Le ministre d’État a plaidé pour un développement économique inclusif et durable, plaçant l’être humain, sa dignité et son bien-être au centre de l’action, tout en réaffirmant la nécessité de respecter la souveraineté des États et le droit des peuples à l’autodétermination. Il a appelé à une réforme du système économique et financier international plus équitable envers les pays en développement, renouvelant l’engagement de l’Algérie envers la solidarité africaine.
Attaf a conclu en réitérant le soutien de l’Algérie à l’adoption d’un instrument international juridiquement contraignant sur le droit au développement, indispensable à la mise en œuvre pleine et effective de ce droit.
A. Mekhennef
