Les discussions engagéesportent sur un partenariat de 60 mois axé sur l’investissement, la sous-traitance industrielle, la numérisation des échanges et l’accès au marché européen.
L’Algérie et l’Union européenne (UE) ont engagé, hier, à Alger, des discussions préparatoires en vue de lancer un nouveau programme de coopération économique et technique dans le cadre de l’initiative EU-Algeria For Business. D’une durée de 60 mois, ce programme vise à promouvoir l’investissement, à améliorer le climat des affaires et à renforcer les partenariats entre les entreprises algériennes et européennes.
Les consultations s’articulent autour de trois axes principaux : l’amélioration du climat des affaires et la promotion de l’investissement, la numérisation et la simplification des procédures douanières et commerciales, ainsi que la transition écologique, la qualité et la conformité aux normes d’accès au marché européen.
Du côté algérien, le projet est piloté par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et le ministère des Affaires étrangères, représenté par Mohamed Soumani. Les travaux bénéficient de l’assistance technique du Centre du commerce international (CCI), mandaté par l’Union européenne, avec la participation de la Délégation de l’UE en Algérie. Celle-ci est représentée notamment par Marco Migliorelli, tandis que le CCI prend part aux travaux sous la conduite d’Elena Botrimova.
Trois axes pour dynamiser les échanges
Le premier axe porte sur le climat des affaires et l’investissement, avec pour objectifs d’identifier les obstacles rencontrés par les investisseurs, de valoriser les opportunités sectorielles et de développer les partenariats industriels, notamment à travers la production conjointe, la sous-traitance et le transfert de technologie.
Le deuxième volet vise à simplifier et à numériser les procédures commerciales et douanières afin de réduire les contraintes opérationnelles des entreprises, de fluidifier les échanges et de faciliter leur accès aux marchés régionaux et internationaux, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Le troisième axe concerne la qualité, la certification et la conformité des produits. Il s’agit d’accompagner les entreprises algériennes dans l’adaptation de leurs produits aux normes européennes, notamment en matière d’exigences environnementales.
L’objectif global est de renforcer la compétitivité des entreprises algériennes et de leur permettre de mieux accéder aux marchés extérieurs.
Un partenariat à rééquilibrer
Ces discussions interviennent alors que l’Algérie entend redéfinir les fondements de son partenariat économique avec l’Union européenne. Alger a exprimé à plusieurs reprises ses réserves sur les retombées de l’accord d’association, estimant que ses effets n’avaient pas suffisamment profité à l’économie nationale.
Le nouveau programme vise ainsi à rééquilibrer ce partenariat en privilégiant les investissements productifs, la création de valeur locale et le transfert de savoir-faire, au-delà des seuls échanges commerciaux.
Alger plaide également pour la relance des réunions du Conseil d’association afin d’engager une révision globale de l’accord et de parvenir à un cadre de coopération plus équilibré et mutuellement bénéfique. Cette instance réunit des représentants du gouvernement algérien, des institutions européennes et des États membres de l’UE.
L’énergie, autre pilier de la coopération
Le dialogue économique vient renforcer la coopération énergétique entre l’Algérie et l’Union européenne. Lors de la quatrième réunion annuelle de haut niveau, tenue le 10 octobre dernier sous la coprésidence de Mohamed Arkab et de la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson, les discussions ont porté sur les hydrocarbures, le gaz, l’hydrogène, l’électricité et les énergies renouvelables.
La participation de l’UE au salon Napec, organisé récemment à Oran, confirme cet intérêt. L’ambassadeur européen en Algérie, Diego Mellado Pascua, a réaffirmé la volonté de Bruxelles d’approfondir le partenariat et de renforcer les investissements dans les énergies renouvelables et l’hydrogène.
Entre coopération industrielle, facilitation des échanges et transition énergétique, Alger et Bruxelles cherchent ainsi à donner un nouveau contenu à leur relation. Pour l’Algérie, l’objectif demeure de construire un partenariat fondé sur le principe gagnant-gagnant, capable de soutenir la diversification de son économie, de renforcer ses capacités industrielles et de garantir des retombées plus équilibrées pour les deux parties.
H. Adryen
