Le président du Mouvement El Binaa, Abdelkader Bengrina, a déclaré, hier que le mouvement « ne pouvait en aucun cas exploiter les questions nationales ou les citoyens », « ni tirer profit des crises et des difficultés quotidiennes auxquelles fait face le peuple algérien ».
Abdelkader Bengrina a affirmé, lors d’une session ordinaire du Conseil consultatif (Majliss Echoura) du parti que le mouvement El Bina restera toujours fidèle aux choix et décisions qui servent l’intérêt national, mettant le pays et son intérêt suprême au-dessus de tout, loin de toute surenchère.
Il a expliqué que le mouvement ne pouvait pas exploiter les crises sociales ou se laisser porter par les vagues de colère populaire pour des objectifs partisans mesquins ou mettre en danger les acquis de la sécurité et de la stabilité.
Il a ajouté que la responsabilité politique du mouvement lui impose de prendre en compte les priorités du pays, en tête desquelles la protection de l’Algérie contre les complots et provocations extérieures.
Une possible démission
Le président du Mouvement de la construction nationale, Abdelkader Bengrina, a laissé entendre qu’il pourrait se retirer de la présidence de la formation politique qu’il dirige depuis avril 2018.
Bengrina a également précisé que sa position à la tête du mouvement « pourrait ne pas durer longtemps », et qu’il pourrait « passer du rôle de dirigeant à celui de simple militant », servant «ses frères» et profitant des succès que le mouvement réalisera sous la direction de son successeur. Une manière d’anticiper les nouvelles dispositions de la nouvelle loi sur les partis politiques. En effet, le projet de loi organique relatif aux partis politiques, adopté en Conseil des ministres le 28 décembre dernier et qui devra atterrir sur les bureaux des deux chambres du parlement durant la semaine en cours, a introduit la limitation du leadership, censée prévenir la personnalisation excessive du pouvoir partisan.
Concernant les projets de lois sur le code de la route et la nationalité, Bengrina a insisté sur la nécessité de « corriger les lacunes » dans le code de la route et la loi sur la nationalité, dans le but de les améliorer au niveau du Conseil de la Nation afin de protéger les droits des citoyens.
Il a exprimé également l’inquiétude du mouvement concernant les conséquences des mouvements de grèves qui ont suivi les amendements du code de la route, précisant que les mesures visaient à préserver la vie des citoyens, mais ont été mises en œuvre à un moment « inopportun », coïncidant avec d’autres ajustements tels que l’augmentation des prix de l’essence et du gas-oil.
Il a renouvelé son appel à tous les acteurs politiques et sociaux pour qu’ils fassent preuve de sagesse et de modération, et qu’ils laissent une chance au dialogue, loin de tout comportement pouvant nuire à l’intérêt général, tel que le blocage des chaînes d’approvisionnement des marchés, ce qui affecte directement la vie quotidienne des citoyens.
Le dialogue national, fondement des réformes
Concernant le dialogue national, Abdelkader Bengrina a estimé que cette initiative, à laquelle s’est engagé le Président Abdelmadjid Tebboune, représentait une étape importante pour faire avancer les réformes politiques et économiques en Algérie, dans le contexte des transformations régionales et internationales actuelles.
Dans ce cadre, il a appelé à la poursuite des étapes du « dialogue stratégique » à venir, soulignant l’importance de mener d’autres dialogues sociaux et économiques avec les parties prenantes, afin de protéger l’Algérie contre les défis graves tels que la propagation de la drogue, qu’il considère comme faisant partie d’une « agression extérieure ».
Il a également mentionné la nécessité de résoudre les « obstacles bureaucratiques » dans certaines administrations, comme les problèmes du marché de véhicules et des pièces de rechange, qui entraînent une hausse des prix et créent des tensions dans la société en raison de l’activité des lobbies qui tentent de mettre la pression sur l’État.
Il a plaidé pour des solutions rapides à ces problèmes, afin de renforcer la dignité des citoyens et faciliter leur quotidien, tout en redonnant espoir aux investisseurs nationaux en tant que véritables partenaires du développement.
Assia M.
