L’Algérie ambitionne d’exporter de l’électricité vers l’Europe, grâce à une étude de faisabilité portant sur une interconnexion électrique avec l’Italie.
La production d’électricité en Algérie repose essentiellement sur le gaz naturel, pilier incontournable du système énergétique national. Mais le pays avance désormais à grands pas vers un renforcement de la part solaire, dans un contexte marqué par une hausse continue de la demande, particulièrement en période estivale.
Selon les dernières données de la plateforme spécialisée Energy Platform, l’Algérie produit plus de 96,3 TWh d’électricité par an, avec une pointe de consommation ayant récemment franchi les 20 000 MW. Grâce à une capacité installée de 27,33 GW et des réserves gazières dépassant les 4,5 trillions de mètres cubes, le pays dispose d’un large surplus lui permettant d’exporter vers ses voisins, notamment la Tunisie.
Un mix-énergétique à diversifier
Le gaz naturel représente près de 99 % de la production électrique du pays, soit environ 95 TWh en 2023. À titre de comparaison, l’énergie solaire ne génère pour l’instant que 0,87 TWh, tandis que l’éolien et l’hydroélectricité demeurent symboliques (0,02 TWh chacun).
Parmi les infrastructures clés, la centrale de Bellara à Jijel, avec plus de 1 600 MW, se distingue comme la plus grande du pays. L’abondance du gaz naturel permet ainsi à l’Algérie de maintenir une production stable, fiable et indépendante des marchés internationaux.
Toutefois, une stratégie de diversification progressive est bel et bien engagée, portée par l’extraordinaire potentiel solaire du territoire, qui peut dépasser 3 900 heures d’ensoleillement annuel dans certaines régions.
Dans ce cadre, l’Algérie a entamé des démarches concrètes pour diversifier son mix, notamment à travers les projets “Solar 1000” et 2000 MW de centrales solaires réparties sur 12 wilayas.
Une demande en constante hausse
En 2024, la demande d’électricité a augmenté de 5,4 %, une tendance qui devrait se poursuivre à un rythme moyen de 5,2 % jusqu’en 2027 selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). La consommation atteint désormais près de 17 000 MW en temps normal, et jusqu’à 20 500 MW en été.
Le pic absolu a été enregistré le 24 juillet 2025, avec 20 628 MW, en raison des vagues de chaleur intense. Malgré cette pression, Sonelgaz a assuré l’alimentation sans interruption et maintient même une exportation quotidienne de 500 MW vers la Tunisie.
L’entrée en service complète de la centrale de Mostaganem (1,5 GW), avant la fin de l’année en cours, renforcera encore la capacité de l’Algérie à répondre à cette demande croissante.
Des centrales telles que Bellara – Jijel (1600 MW), H’Djar Ennous – Tipaza (1227 MW), Ras Ghanat – Boumerdès (1200 MW), Terga – Aïn Témouchent (1200 MW) et Koudiat Draouch – El Tarf (1200 MW) comptent parmi les principales infrastructures soutenant le réseau électrique national.
Connecter le Sud au Nord
Pour accompagner la transition énergétique, l’Algérie a alloué 1,5 milliard de dollars à la construction de lignes de transport reliant le Nord au Grand Sud sur 880 km. Parallèlement, un programme de 20 centrales solaires totalisant 3 GW est en cours de réalisation.
Alimenter l’Europe
Le pays ambitionne également d’exporter de l’électricité vers l’Europe, grâce à une étude de faisabilité portant sur une interconnexion électrique avec l’Italie. En effet, Sonelgaz et Sonatrach ont signé un mémorandum d’entente avec ENI pour étudier la faisabilité d’une interconnexion électrique Algérie–Italie, un projet stratégique qui pourrait faire de l’Algérie un futur hub énergétique régional.
Une transition ambitieuse
Si la domination du gaz reste écrasante, les investissements massifs dans les énergies renouvelables, associés à une demande croissante et à des perspectives d’exportation, ouvrent une nouvelle phase pour le secteur électrique algérien. Le pays semble désormais engagé sur la voie d’un mix plus diversifié, tout en consolidant son statut de producteur majeur dans la région.
R.E.
